Par Le Barde et Bardibulle
Il n’y avait pas de pré. Enfin si, Musard s’était déplacé à Suzon. L’institut Bergonié organisait un tournoi auquel plusieurs des nôtres participaient. Et puis, le terrain où nous jouons ne s’appelle-t-il pas Bergonié. Un peu d’histoire.
Le complexe sportif où nous opérons le mercredi, est le complexe Delphin Loche (fondateur du Club Athlétique Béglais en 1907). Le stade Moga, c’est le terrain d’honneur, celui où officiait les damiers. Et Bergonié est le nom du pré enclavé dans les installations de l’UBB (CEVA Campus). Quant à Musard, c’est le nom du plus ancien propriétaire connu du lieu, Jean-Baptiste Muzard, capitaine dans les armées de la Révolution.
Au mois de movember, la moustache fait symbole. Movember est donc né en Australie, la relève de notre sergio, moustache en avant, a mis son accent et son expérience au pays des kangourous sur les zones sensibles de la santé masculine, cette fois-ci à Talence. Les castors ont avec marsupial des poils communs.
Poulpo est revenu et dans son périple a aussi fait de belles rencontres. Dans les combats, la force est dans l’union. Dure d’avancer dans l’invisible. La moustache est bien pour le castor un visible, et pas uniquement pour le castor, un rétro sans le trop qui barbe de son évidence. Elle devient surtout un poil de ralliement pour des causes dont la vie du genre se désespère. La santé est-elle genrée ? « L’andros ça c’est fort de fruit. » Eve a croqué la pomme et c’est Adam qui porte le nom de la glotte. Des hauts et débats, pourtant la pomme d’Eve à notre cou aurait été un sacré pied de nez au fond de la forme. La santé masculine tient donc à ses boules comme October s’accroche à ses saints. Point de remise à la sein glinglin contre la maladie. La santé donne au genre un détail à poil nommé. La tâche est dans le sensible. Le tabou mérite ses totems. La moustache se durcit ! « The United prostates » tient à son étendard et a donc réuni pour l’occasion au stade Suzon le monde du soin, soignants et soignés et le monde de l’ovalie. Sacré mélange. Petit comité pour continuer à planter la petite graine. Masculins et féminins moustachus pour une cause comme une. Quand cela ne tourne pas rond, l’ovale refait la paire. Sur le terrain des maillots bleus et blancs et des chasubles pour la noble cause. Le classement comme le combat fut dans le tirage au sort. Des règles communes pour un plaisir d’avancer ensemble. La lutte bien un symbole, de belles rencontres de sensibilisation et d’information. Les conversations font diffusion et le rendez-vous pris pour la repousse. Con se le dise !
Au trou, nous étions quelques-uns à patienter, un verre à la main, en attendant l’heure propice. Chubaka sculptait des tranches de jambon avec une méticulosité souveraine. Et JB de dire : « Chewbacca, c’est le Rodin du jambon. » Mais Chewbacca n’est pas que le disciple de Rodin. Notre homme avait ainsi dessiné un castor à la demande de notre Fayouz. Notre homme a le trait sûr et alerte.
Le vieux quatre était parmi nous, tout de noir vêtu, comme Brando dans Sur les quais. Et c’est Jeff qui mitonnait.
D’abord nous eûmes une salade mêlant tomates, jambon, pommes de terre, œufs, liés par une mayonnaise. C’était simple et bon. Jeff avait vu large. Et comme Amélie n’a plus de poules, il y eut des restes sans suites. Il faudra attendre le printemps pour que caquètent encore des gallinacés rue Thomas, à Bègles.
Mais le poulet ne fut pas absent pour autant - si l’on excepte le nôtre, retenu ailleurs. Un poulet découpé en petits morceaux, avec une sauce coco, en clin d’œil à notre chairman, fut servi avec du riz. Nous prîmes le temps du poulet qui est, à sa manière, un temps de vivre. Foin du canard pour ce soir de novembre. Il faut varier les espèces.
Avant que les assiettes ne jaillissent, Amélie et Jacouille tinrent un conciliabule. Nul ne sut ce qu’ils échangèrent.
Le lancer fut nickel. Pas un éclat ne joncha le sol. En fromages : chèvre, coulommiers et Comté.
La tarte est de rigueur cet automne. Donc tarte il y eut. Aux pommes. Une tarte onctueuse. La pomme est universelle et “La pomme est pour le vieux singe.” dit un proverbe que le vieux quatre eut le bon goût de nous rappeler.
Pas de gouttes de pluie. On devinait la lune derrière les nuages. JB récita le poème de Leopardi puis fredonna un air du salzbourgeois. Le vieux quatre, lui, s’essaya à Schubert.