29 novembre 2024

Le Cuistot de bouffe : Jeff jamais tout seul

Par Le Barde et Bardibulle



Il n’y avait pas de pré. Enfin si, Musard s’était déplacé à Suzon. L’institut Bergonié organisait un tournoi auquel plusieurs des nôtres participaient. Et puis, le terrain où nous jouons ne s’appelle-t-il pas Bergonié. Un peu d’histoire.

Le complexe sportif où nous opérons le mercredi, est le complexe Delphin Loche (fondateur du Club Athlétique Béglais en 1907). Le stade Moga, c’est le terrain d’honneur, celui où officiait les damiers. Et Bergonié est le nom du pré enclavé dans les installations de l’UBB (CEVA Campus). Quant à Musard, c’est le nom du plus ancien propriétaire connu du lieu, Jean-Baptiste Muzard, capitaine dans les armées de la Révolution.

Au mois de movember, la moustache fait symbole. Movember est donc né en Australie, la relève de notre sergio, moustache en avant, a mis son accent et son expérience au pays des kangourous sur les zones sensibles de la santé masculine, cette fois-ci à Talence. Les castors ont avec marsupial des poils communs.
Poulpo est revenu et dans son périple a aussi fait de belles rencontres. Dans les combats, la force est dans l’union. Dure d’avancer dans l’invisible. La moustache est bien pour le castor un visible, et pas uniquement pour le castor, un rétro sans le trop qui barbe de son évidence. Elle devient surtout un poil de ralliement pour des causes dont la vie du genre se désespère. La santé est-elle genrée ? « L’andros ça c’est fort de fruit. » Eve a croqué la pomme et c’est Adam qui porte le nom de la glotte. Des hauts et débats, pourtant la pomme d’Eve à notre cou aurait été un sacré pied de nez au fond de la forme. La santé masculine tient donc à ses boules comme October s’accroche à ses saints. Point de remise à la sein glinglin contre la maladie. La santé donne au genre un détail à poil nommé. La tâche est dans le sensible. Le tabou mérite ses totems. La moustache se durcit ! « The United prostates » tient à son étendard et a donc réuni pour l’occasion au stade Suzon le monde du soin, soignants et soignés et le monde de l’ovalie. Sacré mélange. Petit comité pour continuer à planter la petite graine. Masculins et féminins moustachus pour une cause comme une. Quand cela ne tourne pas rond, l’ovale refait la paire. Sur le terrain des maillots bleus et blancs et des chasubles pour la noble cause. Le classement comme le combat fut dans le tirage au sort. Des règles communes pour un plaisir d’avancer ensemble. La lutte bien un symbole, de belles rencontres de sensibilisation et d’information. Les conversations font diffusion et le rendez-vous pris pour la repousse. Con se le dise !

Au trou, nous étions quelques-uns à patienter, un verre à la main, en attendant l’heure propice. Chubaka sculptait des tranches de jambon avec une méticulosité souveraine. Et JB de dire : « Chewbacca, c’est le Rodin du jambon. » Mais Chewbacca n’est pas que le disciple de Rodin. Notre homme avait ainsi dessiné un castor à la demande de notre Fayouz. Notre homme a le trait sûr et alerte.








Le vieux quatre était parmi nous, tout de noir vêtu, comme Brando dans Sur les quais. Et c’est Jeff qui mitonnait.

D’abord nous eûmes une salade mêlant tomates, jambon, pommes de terre, œufs, liés par une mayonnaise. C’était simple et bon. Jeff avait vu large. Et comme Amélie n’a plus de poules, il y eut des restes sans suites. Il faudra attendre le printemps pour que caquètent encore des gallinacés rue Thomas, à Bègles.

Mais le poulet ne fut pas absent pour autant - si l’on excepte le nôtre, retenu ailleurs. Un poulet découpé en petits morceaux, avec une sauce coco, en clin d’œil à notre chairman, fut servi avec du riz. Nous prîmes le temps du poulet qui est, à sa manière, un temps de vivre. Foin du canard pour ce soir de novembre. Il faut varier les espèces.

Avant que les assiettes ne jaillissent, Amélie et Jacouille tinrent un conciliabule. Nul ne sut ce qu’ils échangèrent.

Le lancer fut nickel. Pas un éclat ne joncha le sol. En fromages : chèvre, coulommiers et Comté.




La tarte est de rigueur cet automne. Donc tarte il y eut. Aux pommes. Une tarte onctueuse. La pomme est universelle et “La pomme est pour le vieux singe.” dit un proverbe que le vieux quatre eut le bon goût de nous rappeler.

Pas de gouttes de pluie. On devinait la lune derrière les nuages. JB récita le poème de Leopardi puis fredonna un air du salzbourgeois. Le vieux quatre, lui, s’essaya à Schubert.

Le Cuistot de Bouffe : La goffa Lololita

Par Le Barde et Bardibulle



Sur le pré, il fait toujours beau. Le coup d’envoi s’interroge à chaque tour de chauffe. Le poulpe est revenu plus moustachu que jamais. Il recrute à tour de tentacules. Le Tarbais jamais en reste a choisi son camp. Il est devenu habituel de jouer sur la longueur. Les castors sont en nombre ! Fayouze tient bon son aile, il a son tic pour faire face à tac. Le trésor sur sa droite sera plus en défense qu’en attaque. Le jeu va bon train sous la lune du castor. Les essais se feront sur la ligne des 22. Ne cherchez pas à comprendre, c’est la lune qui commande. Notre pinson toujours pinçant. Et notre Dudu toujours Dudu.


La règle comme loi est gage d’interprétation. Comment définir ce qui est pour l’en avant du commun alors que la passe en arrière est en contre sens pour la défense d’en face. L’arbitre change de camp en fonction du porteur du ballon. Dudu avec ou sans sifflet trépigne.

« Le toucher pour l’en avant est d’un tactile douteux. » s’accomode Boki. Le sens est dans la parole plus que dans l’action. Et dans la niaque il résonne armagnac ! La beauté est une nuance qui s’ignore. Jean Phi dans la nuance, il décalque dans le doute vaut mieux faire tomber que guérir.

L’équipe du Tarbais a failli l’emporter. Guitou aurait choisi l’autre camp con se le dise…

Pour une fois la lumière était au rendez-vous mais pas les douches. L’eau sera absente au vestiaire mais Lolo bien présent au trou.

Au comptoir, il y avait Guitou, sis sur un tabouret, flanqué de Pépé, offrant à chaque arrivant une coupe de champagne. Notre gersois préféré vient de franchir un cap et il entendait le partager avec nous. Sourire aux lèvres, allègre, Guitou recevait. Jérôme était là, et c’était bien. Lolo, lui, s’affairait en cuisine avec la complicité de Cédric.




Ceux du pré arrivèrent. Ils étaient nombreux. Le Poulpe en tête, encore fâché par un essai refusé pour sa reprise. La moustache lui va bien au Poulpe. Trois invités étaient de la partie. Des soignants de Bergonié. Une attention d’El Poulpo pour ceux dont l’altérité conduit le pas.

Lolo avait pris le parti d’une petite touche estivale en entrée. Les saisons sont un état d’esprit. Lolo a l’âme estivale et italienne. Tomates, féta et basilic, nappés d’une sauce où l’huile d’olive régnait dans un nuage de vinaigre.

Alors Guitou se dressa et entonna Quand vient la fin de l’été. Nos deux Prez, côte à côte, avaient la larme à l’œil. Nous ne fûmes qu’une seule voix, tendre et langoureuse.



Chubaka trempait la pointe de son couteau dans son verre de Saby et dessinait sur la nappe une souris. Tout est bon pour sa pointe redoutable. Quel artiste !



Puis, ce fut du canard. Oui, encore du canard. Mais en confits. Avec petits pois et carottes. La tendance chalossaise se confirme de mercredi en mercredi. Au pays des Boni, l’anatidé est roi.

La discussion allait bon train sur Jalibert. Galthier n’a pas l’âme vagabonde. Il ne goûte guère les artistes. C’est un froid. A l’image de ses lunettes, il pose un écran entre lui et ce qui est. Un aveugle en quelque sorte, perclus de certitudes. Il n’aime pas la liberté des créateurs.

Le lancer d’assiettes fut exemplaire. Même s’il y eut quelques étincelles, quelques mains peu amènes pour éviter l’ustensile.




Et l’on finit sur une touche landaise bien sûr, avec une tourtière aux pommes délicate. Dudu apprécia malgré son tropisme béarnais. Il détachait chaque pétale de pommes avec délicatesse.

Le comptoir brilla de tous ses feux jusque tard dans la nuit. Poulet et le Barde partirent ensemble, à pieds dans une nuit d’hiver pure comme du cristal. JB chantonna la nuit d’hiver de Schubert en pensant au Vieux quatre. Et Lolo psalmodiait des vers de Racine en pensant à sa Sarah Bernhardt.

05 novembre 2024

Le cuistot de bouffe : Larroume de la fortune

Par Le Barde et Bardibulle



Sur le pré les castors sont en nombre. Il n’est plus question de s’installer dans nos 22, ni entre les 50 et l’en-but, dorénavant le pré se fait petit. Julien dans la hauteur garde la ligne. Dudu ne mesure pas, il contemple. Notre pinson sur la largeur comme sur la longueur garde son centre. Tic et Tac se taquine en tactique sans tacle et sans tic pour un essai en décalque. Tac se cherche en jeu de passe et tic en débord à l’aile. Peine à la défense, les symptômes évoquent un nystagmus traumatique voire une luxation cervicale. Tous les deux font la donc la paire. Et tic et tac… Fayouze jouera sans les mains, la tête suffit bien à son aile. Gloire à Fayouze. Le Tarbais dans ses hauteurs est un montagnard dans l’art de la feinte qui marche à chaque fois. Louis en bonne relève est dans une phase d’apprentissage. Il parait que les montagnes ne se construisent pas un seul jour, c’est Pédro qui le dit. Pour l’heure son challenge est battu, la rattrape du coup d’envoi à trouver de nouvelles bottes à ses pieds. Le ballon semble haut, le temps parait long mais toujours moins long que la marque de la solitude d’un j’ai qui n’a pas. Porte le jet tient de là. La lune d’Automne est pourtant belle. Les grues pointent le sud tandis que Yann rate la balle. Les cannes sont parfois en peine face à la feinte d’une passe. Notre unique ricou est un artiste, la cuisse à peine remise puisque finalement rien n’a bougé. Le talon de ricon n’est pas celui d’Achille. Course à l’appui.

La douche à l’heure. Gare au retard ce soir c’est Larroume qui régale !

Le trou a ses habitudes dans lequel les habitués du trou se retrouvent. Les beloteurs taquinent le jeu de l’annonce. Le cœur a cette exigence, le valet donne du vingt à déboire. La belote comme la solitude nécessitent dans son amour d’avoir une bonne main. Le cuistot lui cuisine. L’entrée se fera variée avec un florilège de pâté cuisiné. Un bocal des bocaux, ça fait beaucoup pour que ça cale. La tartinade appelle le sabite et le sabite sa tartine. Lucanicius mon amour célèbre le Tarbais a haute voix. L’amateur exige ce que l’exigent aime.

Pendant ce temps notre cuistot s’affaire, il dispose à l’insu de notre plein gré des bocaux. A croire qu’il décompense esta boco. Du parmesan, du gruyère pour tous les palais en mal de pâte. L’accompagnement chantera sa bolognaise. Le silence détonne le bon. L’éloge se respire et le train sifflera trois fois.

Le lancer en toute sécurité, l’expérience et légendaire. La douceur coupler au solide limite la casse comme il se doigt. Le dessert en tartelettes. Les liqueurs font rassemblement, ce soir le point get sera là.

Larroume se glisse, dans la nuit. Les castors le suivent. C’est drôle chaque marche appelle son refrain.

Des petits trous, des petits trous, toujours des petits trous…