13 juin 2008

Le lion kinkajou

La pignole du Barde

O seigneur du trou, monarque de Musard, prince de Rovigo, l’angoisse, cette garce, m’étreint comme jamais. De quel nom d’oiseau puis-je bien t’affubler ? L’aigle ? Ce serait si facile, et, pour tout dire, inconvenant. Pourtant que d’Austerlitz aurons-nous vécu ensemble ! De Casablanca à Connacklity, de Courou à Paris. Et ce n’est pas Grognard, ton fidèle Grognard qui me contredira. O seigneur du trou, toi le premier des nôtres, comment oser te comparer à quiconque et, d’aventure, à un animal, fut-ce l’aigle qui ornait l’étendard de César. Mais tu es unique, et que tant de gloires aient pu choisir le même emblème réduit à néant cette odieuse tentative.
« Te casse pas les couilles, le barde, Loulou, c’est un sanglier » me souffle la Piballe. Cela saute aux yeux sur le pré ». Le gueux, le manant, le mécréant ! Qu’on lui tranche la tête ! Sans doute faisait-il allusion à tes courses furieuses qui laminent les malheureuses touffes d’herbe et les mottes étourdies qui se dressent sur ton passage. Mais diantre, quelle imagination vile, te comparer à un porc, fut-il sauvage. Pourquoi pas un lapin blanc, un Lori ou un Dodo ?
« Et le lion pauvre con » éructe Garabos. Les plâtriers, toujours, sont d’excellent conseil. Et s’ils n’y mettent la forme (Zeille excepté), ils y mettent le cœur (Zeille toujours). Donc, Loulou, c’est un lion. A quoi bon chercher, tordre le cou aux évidences, faire le fanfaron, à quoi bon. Je m’en veux, malgré tout, de céder à l’ordinaire. Fût-il royal. De guerre lasse, je m’en remets à Robert (le petit) : « Grand mammifère carnivore, grand félin, à pelage fauve, à crinière brune et fournie, à queue terminée par une grande touffe de poils… » Oui, c’est bien toi, mon suzerain magnifique, toi « mon lion superbe et généreux » loué par le père Hugo. Tout concorde, tout coïncide. Tout. Pas une expression qui ne soit conforme : avoir bouffé du lion, tourner comme un lion en cage, se défendre comme un lion, se tailler la part du lion…Et comme la vox populi a raison lorsqu’elle évoque la lionne, « femme fière, fougueuse », ô Coco. Vois comme je m’exécute, moi ton petit lionceau.
« Ta pusillanimité me les broute » s’écrie Walid, « pour moi, Loulou, c’est un panda, ce voisin du kinkajou ». Il m’interpelle le Libanais. Perfide, il instille le doute. Il me reste de couper la poire en deux. Loulou, c’est un lion kinkajou (« petit mammifère carnivore au pelage gris-roux, à longue queue prenante ». Et voilou.

11 juin 2008

Le cuistot de la semaine, el Presidente

Par le Blogger


Eh ! Il est pas beau notre président ? Hein ? Avec ce petit air canaille, relevé d'un chouya de bravoure au cas où il faut aller au charbon ? Toujours guerrier, toujours partant... encore que là, on a l'impression qu'il est sur le point de décapiter une armée maori de rugbymen, mais pas du tout, il décortique une crevette. On va y venir.
On a tendance à l'oublier, mais on n'a pas idée de l'importance d'un Président. A se laisser aller, on peut oublier à quoi ça sert ! C'est vrai, mais arrêtez de regarder la télé aussi, et cherchez plutôt dans quelle catégorie vous vous reconnaissez le plus.
Petit a - Certains se disent, un Président est certainement utile, puisqu'il y en a un (ou une) par Club ;
Petit b - Certains diront qu'un président est, dans une entreprise, celui qui encaisse les bénéfices et délègue les responsabilités ;
Petit c - D'autres expliqueront qu'un président est une personne élue parce qu'elle est en général pleine de bon sens, avec pas mal de bonne volonté mais qui n'a souvent pas compris que si dans un Club il n'y en a qu'un qui aura des ennuis, ce sera lui. Persuadé qu'il en fait trop, il est entouré de gens persuadés qu'il ne fait rien.
Ne vous triturez pas l'esprit, le petit a nous conviendrait à tous. Ya pas à tortiller, un Président c'est pas rien. Il est le moteur du Club et de ses projets, pour les mener à bout, un Président est toujours en forme, sachant que rond est une forme.
Autour du Président, il y a toujours les hommes du Président que le Président choisit comme proches collaborateurs, une notion philosophique, surtout dans l'absolu. Ce qui veut dire, rapporté à l'échelle de notre association : le secrétaire, le trésorier, le boutiquier et le sélectionneur.
Le secrétaire a en général la tâche de convoquer le bureau ou d'annoncer une réunion importante à laquelle le Président demande de confirmer sa présence auprès du secrétaire par mail, et de le prévenir ensuite par fax qu'il va recevoir un mail et d'appeler son portable pour vérifier qu'il a bien reçu le fax et en cas de messagerie vocale, laisser un message et prévenir par mail qu'il a un message sur sa messagerie.
Le trésorier est un individu ésotérique, souvent sympathique tant qu'il n'aborde pas les sujets qui fâchent. Il est généralement plein d'énergie qu'il ne dépense jamais. Il est un des seuls à connaître tout le monde par son prénom qu'il se répète tous les mardi soirs.
Le boutiquier se repère assez facilement dans l'assemblée, c'est celui qui porte des vêtements du club à sa juste taille. Il est aussi le premier à les porter puisqu'il est le premier à les avoir. Ils sont toujours neufs.
Le sélectionneur (ils sont deux) délègue à quatre autres personnes la tâche de sélectionner. Ces personnes sont les appelants et se nomment généralement "Tout le monde", "Quelqu'un", "Chacun" et "Personne". Quant il faut constituer une équipe, le sélectionneur demande à Tout le monde de le faire. Tout le monde est ensuite persuadé que Quelqu'un le ferait. Mais, comme Chacun pouvait l'avoir fait, c'est finalement Personne qui le fait.
Comme tout Président, notre Président voyage beaucoup. Il est le représentant de nos valeurs et le défenseur de nos idées. Ainsi notre Président a effectué un voyage à Cuba avec un staff réduit à Guitou, avec un aller-retour en classe affaire. Ils sont allés à la rencontre des rouleuses de cigares qu'on trouve à la pelle dans ces pays, à ne pas confondre avec les rouleuses de pelles qu'on trouve au cigare. C'est ainsi, ils se passionnent pour les cigares longuement pressés et travaillés dans des moules. Ils en ramènent plein, le repas en fut couronné.
En effet, comme nous tous (sic), le Président assure son repas annuel. Revigoré et la mine reposée, il attaque son menu par des avocats, mayonnaise, avec un trio de crevettes.
On en mange plusieurs, sans compter. On attaque le bol de mayo à coup de miche de pain. On se demande pourquoi, parce que la suite se fait attendre. Mais, oh combien il était bon attendre. Comme un cigare, plus c'est long, plus c'est bon. Ca gueule, ça braille, ça tape dans les verres et gratte les assiettes avec les couteaux. Le Président s'en branle du vacarme et rapporte enfin une daube avec pâtes fraîches qui décrochera toutes les mâchoires bêlantes. Le plat du Président plaira à tous et Lolo le répètera à qui veut l'entendre.
Le plateau de fromage fait sensation. On a à peine le temps de déguster que le duo de gâteaux au chocolat (blanc et noir) avec sa crème anglaise nous fait déjà de l'œil !
Vint enfin l'heure du cigare et du rhum cubains. Personne ne s'est fait prier, ça pompait de partout comme des malades.
Le jury est réuni illico avant la tombée du brouillard : Dudu, Thomas, Le Général, Perdigue, le Toulousain, et l'enfant prodige qui fait son retour, Alain-Charles, s'entendent pour le 14.
C'est la Buena Vista Archiball Club, un air de salsa et puis au lit.

07 juin 2008

Le zèbre barnabooth

La pignole du Barde

Certains êtres sont prédestinés. On ne saurait porter un nom par hasard. Jouer au rugby et s’appeler Apercé, c’est être béni des dieux. Pour ceux qui taquinent la béchigue à Musard, l’évidence saute aux yeux. Pascal n’a de cesse de vouloir transpercer la ligne adverse. Son arme favorite : la feinte de passe. La répétition du même a ses limites et les habitués déjouent, par habitude, cette propension à l’entourloupe. N‘importe, le balancement des bras et l’ultime retenue sont pratiqués avec tant de grâce que le résultat ne compte pas. Chez Pascal, à défaut d’être efficace, la grâce est esthétique.
D’aucuns affublent notre esthète du surnom de Malko. Notre homme est un nomade, un Barnabooth des temps modernes. Il s’est promené aux quatre coins du monde qui en smoking, qui en Breitling, qui en Weston. Nul doute qu’il a versé une petite larme à l’annonce du décès d’Yves Saint-Laurent. Pascal, c’est notre ambassadeur. Et je préfère en faire le fruit de l’imagination de Valéry Larbaud que celle de Gérard de Villiers. Mais Barnabooth, n’est pas un animal ; rien qu’un être en chair et en os.
Un félin Pascal ? Pourquoi pas puisque, Malko oblige, ce serait un prince. Toutefois, le lien entre le félin et le prince est péremptoire. Je connais des princes à la félinité économe et parcimonieuse. D’aucuns tiennent même de l’hippopotame, voire du koala, du lama ou du chien. Le chien justement. Walid (Salem) me susurrait que Pascal, c’est un chien dans un jeu de quilles. Pour ceux qui l’on vu lancer l’assiette à l’approche du dessert, la chose est entendue. Mais, fut-il de haute lignée, le chien ne va guère à notre Barnabooth. Et puis, ce mammifère domestique est plutôt de nature sédentaire.
Je ne sais pas pourquoi, mais je suis tenté par le zèbre. Notre homme n’est-il pas un drôle de zèbre et ne s’acharne-t-il pas à courir comme cet équidé d’Afrique ? Je l’avoue humblement, ce soir, ma lycanthropie est lasse. N’empêche, pour moi, le zèbre possède une indéniable classe. Et peu me chaut qu’il soit la victime des félins auxquels j’entendais, de prime abord, apparenté notre castor. Un zèbre barnabooth donc. Advienne que pourra.