03 octobre 2014

Le cuistot de la semaine, Piballe qui roule n'amasse pas mousse (au chocolat)

Par Le Barde
(Bien vu ! La photo est vieille, mais La Piballe est toujours aussi jeune!)


Mardi après mardi, le pré retrouve les siens. Ainsi, Walid était de retour. Comme Guitou et le toulousain toujours pas remis du Bayonne-Toulouse de vendredi et des aveuglements de M.Minery. M. Minery est une pipe et les pipes sont aveugles, c'est bien connu. Hervé Delage nous avait aussi rejoint, le temps d'un dernier jour de septembre. La jambe est toujours aussi vive. 

Guitou choisit les plus lestes. Walid se glissa sur son aile et Jean-Phi trépignait en dessinant des arabesques sur la page verte.

La partie fut équilibrée. Force est cependant d'admettre que les vieux furent particulièrement à leur aise. J'en veux pour preuve le splendide essai de Walid après un je t'aime moi non plus avec Hamilton, un côté je vais et je viens qui fit mouche. Les jeunots en furent pour leur frais.

En face, il y avait Thomas qui, entre deux odes à M.Minery, prenait la poudre d'escampette.Titi distillait des passes millimétrées. Régis filait l'intervalle comme Donatien les métaphores. Dudu décidait de la vanité ou non des passes sautées d'Hamilton. « Vanitas vanitatum omnia vanitas. » Quant au tarbais, il tentait, sans relâche, des cadrages débordements sur Dominique qui ne se laissait pas prendre. 

Du bon rugby en somme, certes entaché encore de quelques chamailleries. 

Dans l'antre, La Piballe était de service. En tenue BCBG, très alerte, il mitonnait. L'antre était bien garni. Trois compères de Victor Louis étaient parmi nous. Dont un Jérôme. 30 septembre oblige puisque c'est la fête du patron des traducteurs. Et celle du douanier. Le général était là. Toujours aussi sémillant. Et Juan Carlos, ou si vous préférez Gilbert. Quelle classe ! 

Tous de déguster les tomates de la Piballe avec leur mozzarella et leur basilic en feuilles. Rien que de très estival et de bienvenu. Puis un poulet au citron et aux olives avec sa semoule. On reste dans le méditerranéen. La Piballe a l'âme septentrionale. On pourra toujours chipoter sur sa semoule. N'importe, la sauce désassemblait son grain trop compact. Walid était aux anges et en redemanda. 

La Piballe se joua de la tradition et proposa un brie onctueux et odorant, ainsi que de l'époisse, sans passer par la case assiette. Puis, il exécuta un lancer d'assiettes de très haute tenue. Il a la main experte et juste la Piballe. Des mains bénies des dieux. La grâce efficace en quelque sorte. Ou l'adaptation par un rite de la position théologique défendue par saint Augustin, et dont les Jansénistes se sont servis dans leur polémique contre les Jésuites. "Les hommes n'accèdent au salut et ne peuvent gagner le Paradis que si Dieu leur a accordé la grâce. Seule cette grâce divine peut les soutenir dans la foi. Ce dogme, développé à l'origine par Augustin d'Hippone dans son débat des thèses du moine britannique Pélage, s'oppose à la thèse des Jésuites qui attribuaient au libre-arbitre et aux œuvres la prérogative du salut." Ainsi parla notre Jacouille pour expliquer les prédispositions de notre lanceur d'un soir. Jacouille qui avait un petit air à la Georges Clooney. Les grâces vénitiennes l'inspirent. 

Le dessert fut une bénédiction. Une mousse au chocolat à damner tous les saints. Exit la méditerranée et retour aux fondamentaux de la nation.

Une belote de comptoir s'improvisa. Walid, le cigare à la bouche, dominait son petit monde. Lolo bluffait et le préside tentait d'improbables paris. 

Peu à peu, le trou se vida. Et les étoiles au ciel faisaient un doux froufrou.

25 septembre 2014

Le cuistot de la semaine, hi hi hi hi

Par Le Barde


Le pré est intergénérationnel. Les âges s'y mêlent avec bienveillance. L'art de la passe se conjugue à la fougue des jeunes cannes. Et, parfois, les vestiges marquent les esprits en abusant de la naïveté de leurs cadets. La feinte de passe de Dudu en fut la parfaite illustration. Une pichenette à quelques mètres de la ligne, et hop, la balle arrivait à bon port. L'âge n'est qu'une bagatelle. Mais l'âge est est aussi verbe. Dudu ne cessa de conjecturer sur le superflu des passes sautées avec Alain, reconnaissant, parfois qu'elles étaient opportunes. Ce que ne supporte pas Dudu, c'est le principe de répétition. D'autant que certaines sautées faisaient flop. 

Il ne manquait que Don. Sa rentrée est imminente. Les canaux bientôt ne seront plus qu'un lointain souvenir. Notre Stevenson est arrivé à bon port. Quant à Walid, il nous promet son retour pour octobre. L'automne est sa saison. 

Fourbus, usés jusqu'à la corde, nous regagnâmes le trou par une grille dérobée, heureux d'avoir lavé nos corps dans l'enceinte du pré. 

Dans les entrailles du 1, rue de Bègles, Garcimore s'activait. L'assemblée était de moyenne facture. 

Garcimore a la baguette charcutière. Un méli-mélo de chorizo, grenier médocain, pâtés avec quelques touffes de salade. Garcimore aime la touffe éparse. Il le confirmera avec la saucisse et les haricots verts qui prolongèrent le méli-mélo. Sur les saucisses, de longues touffes de persil. Sur les haricots verts, encore du persil. Mais haché menu. Il n'est pas inutile de préciser que le persil en question était le petroselinum crispum var. neapolitanum ou persil plat, enfin, si vous préférez du persil de Naples.

« Et maintenant, Hi Hi dit Garcimore, je vais vous sortir une citation de mon chapeau, une citation, Hi Hi de Sacha Guitry : “Quand on dit d'une femme qu'elle est cultivée, je m'imagine qu'il lui pousse de la scarole entre les jambes et du persil dans les oreilles.” »

Est-ce en écho au persil que Pioupiou entonna : Mais non, mais non, ce n'est pas une chanson monotone ? Allez savoir. Reste qu'il nous les brisa un long moment et que l'on ne dût qu'à des chants religieux de l'arrêter. La Piballe concluant les débats par un Dieu est amour de toute beauté, sous l'œil énamouré de Jean-Phi. Tout cela, c'est la faute à Diderot que La Piballe connaît comme sa poche : « Il est très important de ne pas prendre de la ciguë pour du persil, mais nullement de croire ou de ne pas croire en Dieu. »

Le lancer d'assiettes ne fut qu'une formalité. Garcimore a la main sûre. Il y eut bien quelques râtés. Il n'y était pour rien. D'ailleurs, il s'en moqua. Puis vinrent un bon brebis nanti de sa confiture de cerise et un brie à point. Enfin, ce fut le temps de la tarte. Aux pommes. 

Peu à peu, l'assemblée des fidèles se dispersa. Une nuit d'automne, fraîche et hospitalière l'attendait.

22 septembre 2014

Le cuistot de la semaine 2 : Barbidule, Barde à truc !

Par Réglisse 


Il y avait du monde pour tâter de la balle sur le pré des écoliers. Des jeunes aux moins jeunes, tous les styles étaient de la partie. Il en fallait en effet, pour déjouer les défenses serrées qui limitaient l’empreinte de nos pas au-delà des lignes d’essai. Des nouveaux étaient de la partie et des jeunes qui courent, et oui… les jeunes courent. Nous ne savons les reprendre mais la nature est ainsi faite. Les anciens jouent et les jeunes courent. Pour ce faire, nul doute de l’intérêt de posséder la balle. Dudu nous prouva une nouvelle fois que les jambes cela ne sert pas uniquement pour courir mais pour prendre le trou avec la balle. Et parfois quand le trou est pris, le jeune reste sans jambes. Et marquer un essai, c’est le pied. Car tu peux courir mais sans la balle c’est comme un poète sans rames. Ou un rameur sans imaginaire. La muse n’y est pas ! 

Pour revenir au Dudu. C’est une joueur chasseur, rien de nouveau, il peut patienter, observer, nous leurrer en se camouflant en rose, rien de plus transparent qu’un tee shirt rose dédié à des seins protecteurs. Une véritable panthère rose. Il sait jaillir en mettant à profit ses feintes dans les failles de la jeune ignorance qui daigne s’opposer à lui. L’essai est au bout. Le trou reste sa cible même si le rose lui correspond à ravir. Les anciens applaudiront à chaque fois ces faits d’armes d’exception dans ses perforations ovalistiques. Notre Barde lui, aurait composé une ode, un sonnet, point de roman car même si le geste est beau, c’est l’éphémère qui compte pour graver sa trace dans les livres d’histoire. 

Point de chants dédiés aux exploits de l’ovalie pour ce soir car notre Barde à défaut d’être au pré, était de bouffe. Notre Barde sacrifia sa plume pour remplacer, non pas à la rame mais au fourneau, Donatien qui en quête d’inspiration se rapproche de la philosophie cartésienne pour « ses passions de la rame ». Don pour les jeunes qui courent est un écrivain moderne. Son style est le canoë. Pour lui le sublime s’imprime dans l’écrit. La force et l’esprit se rencontre dans la solitude de l’effort. Il cherche à répondre à cette énigme sphinx-terrienne « Un homme qui pagaie, rame-t-il dans l’écriture ? ». 

Bref nous voilà au trou pour nous nourrir des plaisirs de la vie. L’équipe des anciens s’est étoffé d’un barbu, la muse aime le poil ce n’est pas le Barde qui me contredira. A trop d’esprit et à défaut de main, les poils poussent. C’est une preuve scientifique. Jacques se sublime dans le port de la barbe. 

Ca Barde au fourneau. Notre Barde est riche dans l’art de transformer le moche en beau, le lourd en léger, les mains en pieds. Cependant dans la transformation de la nourriture notre Barde préféra la muse du produit brut. Point de transformation même si les mélanges, les proportions et assaisonnements furent à souhait. La tomate devint tomate, la verdure resta verte, les poivrons ronds… Bref c’est la découpe qui fit la différence et nous proposa un mélange de primeurs pour l’entrée. A défaut de transformation, Pépé marqua l’essai. Notre Pépé tâte la miche (pas notre cousin d’Amérique) et sait en faire profiter ces amis. Entre de bonne main la miche se transforme. Et le pain au-delà du produit devient un symbole. Ce qui me laisse à penser que le boulanger de Pépé porte la barbe. En tout cas le pain devint Bite et le vin resta Sabite. 

Nous retrouvâmes dans le tempo, la cuisine du Barde, le poulet se transforma en poulet, et le riz en riz. Une constance dans son art ! Yannick qui ne porte pas la barbe, découvrit l’âme des plaisirs d’orients. A chaque bouchée, sa muse lui portait un souvenir épicé, un peu de curry, une pointe de cannelle, de la coriandre par là, du safran, et même du gingembre qui le ramena sans le vouloir à Pépé et son pain. Les muses le tâtent mais les associations inconscientes qui les animent ramenèrent vite notre homme de doigté à la réalité de Pépé et son réconfort dans Sabite. 

Pioupiou se lança dans la chansonnette. Pioupiou pour les nouveaux, ne porte pas la barbe, il s’en rapproche avec le bouc, mais dans la chansonnette il ne porte pas la barbe. Ses chansons animèrent les oreilles et permirent à notre barbu de Barbe de terminer son sonnet gustatif. 

Le lancer d’assiette, les tuyaux du pompier, les volées de cacahuètes rien ne perturba la dextérité et la précision de notre Barbe. Le poète joue des mots et sait jouer des mains. 

Pour le dessert, le Barde transforma des sorbets en sorbets. Original et sublime à la fois. 

L’essai se transforme. Les muses inspirent. Le Barde cuisine. Donatien rame. Et la nuit suit le jour.