29 juin 2022

Les vendanges printanières des castors

Par Le Barde

C’était l’ultime rencontre de la saison.
Pour adversaires, les vendangeurs, une équipe de nomades attachés au BEC.


C’était un soir de juin à la chaleur étouffante. Il y avait une bonne trentaine de joueurs. Les castors s’étaient renforcés. Il y eut d’abord un toucher. Avec une première mi-temps à 12 contre 12, puis une seconde à 10 contre 10. Il y eut ensuite deux mi-temps de 10 minutes à plaquer. Il y eut une minute de silence pour notre chairman puis un doigt accompli mené par le Prez.


L’esprit fut bon enfant. La canicule ne semblait pas trop peser sur les jambes. En sorte que les parties furent alertes. Le barde arbitrait, le Prez jouait entouré du bardibule, de Nico, Peyo, Christophe et de bien d’autres.


A quoi bon s’attarder sur le résultat. Sans doute fut-il de parité, tant au toucher qu’à plaquer. Le public qui entourait les joueurs était ravi : JB, Hamilton, Palanquès… Hamilton était ému par les petits brins de plantes naturelles qui émergeaient du gazon synthétique. La nature reprenait ses droits. Il jetait un regard enamouré sur ces redresseuses de tort.

A 21:30 pétante, le barde siffla la fin des hostilités. Tous de se retrouver au trou où Jacouille, comme d’ordinaire, avait bien fait les choses. Jacouille, il taquine la béatification. Nous nous mélangeâmes. Après un peu de charcuterie et du taboulé, nous poursuivîmes avec des araignées de porc avant de conclure par une salade de fruits.

Le Prez y alla de son lancer d’assiettes. Une nuit chaude nous accueillit après nos agapes. Le cœur léger, le ventre repu, nous prîmes le chemin de nos pénates. Encore deux soirées au trou, avant que de changer d’antre. Profitons-en. A mardi prochain !




Le cuistot de bouffe : un pinson nommé zinzin

Par Le Barde et Bardibulle


Le pré pour la der de saison sera festival et musical. Le prez et mini prez, le trez et mini trez, Christophe et mini Christophe et j’en passe… Les castors seront en nombre. JB et le vieux 4 viendront prendre les notes. Il est bon d’apprendre et de préparer les troupes pour une rentrée en fanfare au Pays Basque et au Canada pour la saison prochaine.

Le bouclier et la boucle y est ! L’été nous voilà ! La relève en fin de saison prépare la prochaine. Le cycle du temps n’a pas trouvé les freins pour remettre certaines pendules à l’heure. L’apnée sportive fut bien à l’image de notre époque. Une farandole de manie et de dépression. La folie est dans le moderne civilisé à deux trois virus près ! Quel virus t’a piqué pour te retrouver sur le pré ? Certains sont tombés dedans quand ils étaient petits, d’autre à la suite d’un shoot deviendront dépendants, certains resteront dans une consommation modérée flirtant aux délices de l’instant sans penser au toucher à deux mains. 

La grêle alimente une fin de dépression et des sursauts épileptiques, électriques et orageux aménagent aux castors en herbe un répit salvateur. L’hiver n’est plus, l’été sera chaud ! Con se le dise ! Julien, Olive, Alex comblent nos lignes d’une fraicheur et d’une énergie certaine. Leur jeu se prêtera à l’excellence et à l’esprit en relève des castors. Gloire aux jeunes castors. Cependant Guitou aurait choisi le camp du Prez. Allez savoir pourquoi ?... Il ne parie par expérience que dans l’équipe qui gagne. C’est une constante dans la transmission de l’excellence. L’aviation civile garde les secrets de ses pieds d’escale. L’ovalie tient de là, muse qui s’y frotte. La ligne d’essai sera franchie à multiples reprises. Le jeu était dans la passe. Un mélange certain d’un jeu libéré versus Harlem Globe Trotter et d’une technicité à la Tarlousaine. Cet ensemble fera naitre le plus bel essai de l’année. Preuve en vidéo. Toulouse pousse le bon jeu à l’aile et se décarcasse dans l’art de la cuisson de la saucisse du même pays. Point de saucisse dans la beauté. Le gout du bon suffit à prêcher ce qui est beau du bon. Mais bien le délice d’entendre, notre Tarlouze aborder la préparation de sa saucisse qui ne peut s’imaginer sans une bonne braise. Le souffle tient dans l’air du savoir. Et la transmission par le récit a du beau. Le second souffle dans le savoir qui erre. Ce soir, le jeu était vraiment dans l’excellence. Le Tarbais au pied de ses montagnes ne pourra rien contre les marées successives d’un bureau déchainé. « Audaces fortuna juvat con ! » le latin de la Bigorre préserve sa ponctuation !

Le solstice d’été pousse à la chanson et ce soir c’est l’équipe du Prez qui chante ! Une nouvelle fois, gloire au Prez pour l’Ultime essai de cette année. Pour preuve, Piou Piou s’est proposé de repeindre le plafond de la chapelle Sixtine. La beauté ne peut se tenir sur la rencontre de deux doigts aussi divins soient-ils après avoir profité d’un tel instant. Hamilton aurait bien filmé l’action mais c’est un art de photographier et c’est un sublime de jouer. Sur le coup notre artiste sublimait aussi. Le divin dans la rencontre à trouver de nouveaux maitres. Une succession de passes et de soutien éprouvera la résistance d’en face dans ses derniers retranchements. Toujours un Prez en soutien, un Bardibule en réussite, un Cédric à la rescousse, un Hamilton en canne. Le ballon trouvera toujours un receveur. Le Trez en décarcasse. L’art de la passe ne prêtant que seule alternative à la réception qu’une bonne prise d’intervalle. La prise du trou qui fait reculer l’adversité. La défense dans l’Alamo du lâcher rien n’eut en contact que des passeurs sans ballon. La magie est là. Les passes se feront en chistera, à l’aveugle, en suspens, bref la défense a vu double. Piou Piou annonce triple. Qui dit mieux ? Les efforts paient. Toute le travail d’une saison qui se révèle dans l’instant. Le barde en aurait fait une chanson. D’ailleurs il a fait une chanson ! La réussite est là. Le Prez brillera au début de l’action ainsi qu’à la finalité de celle-ci offrant la dernière offrande à Cédric qui marquera le dernier essai de cette saison. La perspective crée un décalage celui d’un jeu au ralenti tellement la maitrise est parfaite et une défense en accéléré qui gardera un train de retard. L’aplati sifflera la fin du match et la fin de saison.

Les étirements pour nos muscles, pour le temps d’être ensemble sur le pré. Il est l'heure. La douche et direction le trou.

Titi, notre pinson, sera donc le dernier, le dernier à faire sa bouffe au trou, dans le respect de nos règles. La semaine prochaine, ce sera l’ultime repas, celui des présidents, pour boucler la boucle.

Ceint d’un tablier bleu paraphé par Mamie Zinzin, il fut parfait de bout en bout. Bien sûr, il y eut du Lou Gascoun en entrée mais aussi des tomates coeur de bœuf, parsemées de burrata, de basilic et nappées d’huile d’olive et de vinaigre balsamique. C’était bon. Un certain mélange des genres, des traditions. Comme la vraie vie.






Puis vint l’excellence. L’excellence, c’est la simplicité, le raffinement. En l’occurrence, des morceaux de poulet revenus dans de l’huile d’olive, nimbés de citron, voisinant avec de tendres et menues pommes de terre, des olives. Un régal. La patte de Titi se mariait merveilleusement à celle de Mamie Zinzin. Quelle offrande ! Le castor est fin ; on l’oublie parfois. Et Titi traduisait ce trait de son caractère. Bien sûr, le vieux quatre entonna ses patatas mais rien n’y faisait, tout n’était que calme et volupté. Bien sûr, Léo cherchait des rimes en ette sous le regard complice de Croucrou et d’Amélie, mais la distinction l’emportait.

Le Tcho était là. Pourquoi ne pas rajouter un u à son o pour l’appeler le Tchou ? Il est chou le Tcho lorsqu’il s’adresse à ses oiseaux. Ce n’est pas notre pinson qui nous contredira. D’ailleurs, ils improvisèrent un duo sous l’œil enamouré de JB.

Lolo ne cessait de saucer, le petit doigt relevé, comme dans ces familles que l’on dit grandes. Le vieux quatre astiquait ses cuisses avec ses mandibules. Le Tchou picorait dans le plat de son bec pour en saisir les olives. Pépé demeurait digne, superbe.

Le lancer d’assiettes ne fut qu’une formalité pour Titi. Les oboles cinglaient et trouvaient toujours leur récipiendaire. Du grand art. « Je suis ton gros minet » lui glissa Pioupiou et notre pinson de seriner, rejoint par le Tchou, fête de la musique oblige.

Nous eûmes du cancoillotte, cela va de soi. Et du camembert. Au bout de la table, Titi rayonnait et déposer des baisers sur le chef du Tchou qui roucoulait. La fable du pinson et de la tourterelle.

Pour clore nos ébats, des brugnons. De simples fruits que Titi nous adressa par un nouveau lancer. Et de réciter son Verlaine :
« Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches
Et puis voici mon coeur qui ne bat que pour vous. »

Tous d’être émus. Nous sentions la tendre présence de Coco. Son sourire se glissait dans le trou.

La rue était agitée. La première de l’été. JB sifflotait la barcarolle de Tchaikovsky dédiée à juin. Hamilton l’été de Vivaldi. Et Léo cherchait encore des rimes en ette.

13 juin 2022

Le cuistot de bouffe : Cocorico pour le Doc

 Par Bardibulle


Sur le pré il fait toujours beau. La place est bien réservée pour nos rencontres sur pattes. Une bulle dans le quotidien de nos « à faire ». La gonfle est un don quand tout gonfle. Coco est un don. Il nous a quitté. Un sacré gonfle ! Son rappel se fera dans tous ses lalas de nos tralalas! Ce quelque chose qui nous ressemble et nous assemble pour bien se jouer dans les plaisirs de la vie. Le pré se prête à l’occasion pour ça. Son lala résonne dans chaque castor comme tous seins créateur. Il nourrit comme il nous grandit. Le pré, le trou, les rencontres en périple sont pensés pour continuer à écrire de belles lettres. A ce propos notre Barde en convalescence se prépare à revenir avec un nouveau dos. Notre actuel remanie trop de nos repères. La prophétie d’une nouvelle nouvelle société. Point de bègue sur la question, la mémoire est une histoire évolutive. Chaban à son stade annonce une belle en devenir. La répétition n’a du bon que pour préserver un identique différent ! Elle se doit d’être transformée au gré du temps. Elle se raconte, se transforme, se mue au gré de nos plaisirs à partager. Un nouveau trou pour combler un vide d’une époque. L’ovale ne se maitrise que dans nos mains me dit un gros avare de ses passes. Gwen qui n’est pas gros, sur le sujet annonce huit huit les petits castors. Le neuf en ancien sur ses épaules se repose. La béchigue par son rebond hasardeux laisse toujours une place à un prévisible contrariant. Un gros contrarié devient contrariant ! Certains diront que le rebond se provoque. L’intention et la motivation ramènent le jeu à soi. Le huit huit de Gwen ne laisse pas d’alternatives sur la question ! "Pas de doute Coco. Coco t’as le look." L'amiral a le chic pour mettre des chansons dans la tête! La vista d’une aventure en herbe. Un mélange d’anciens qui se veut jeunes. La relève est bien présente sur le pré. C’est la beauté de ces mardis qui se prêtent encore et en corps à la transmission d’une gonfle qui nous tient. Les humeurs sont ainsi elles bougent. La gonfle du quotidien à notre quotidien de la gonfle. Thomas a pour principe de mettre un vent à la gonfle. Il faut bien plusieurs vignerons pour se prêter à ce jeu. Jean phi et notre Trez préfèrent le jeu à cep mais s’adaptent à nos lignes qui grandissent. Une écharpe pour mini Trez pour un coup de vent paternel. Les kleenex porteront le tarin à bon port. Il fait bon de courir en ce mois de juin. Alex t’es rieur ! Son talon d’Achille n’est pas le talon d’Alex. Il rappelle le tourniquet ravageur d’un Walid, la vitesse en prime. Notre Trez le chasse mais en vin. Même si en mémoire la vitesse de lecture se contrôle. Place au ralenti. Grâce à lui la gonfle se transforme en essai. A l’aile la vie est belle ; Christophe pour sa part annonce aussi sa relève. Il se joue de la gonfle des autres par un jeu de propositions et de soutiens solides. Titi en pinson averti n’est jamais loin de ses coups fourrés. Hamilton est là en maitre du temps. Il sifflera la fin des hostilités sur un score en équilibre pour l’équipe qui gagne. Guitou aurait choisi l’équipe qui gagne. Le beau est si près du bon. La douche et direction le trou c’est le doc qui nous soigne.

Les castors au trou sont au rendez-vous ! L’union se fait bien en plusieurs générations. Les vieux reviennent et des jeunes arrivent. Il y a du solide dans l’assemblée, tous apparemment élevés à l’agur ! La table devenu si grande est petite. JB retrouve son pack. Les liens se resserrent. Pépé siège au bout à son habitude sort son « à table ! » en faisant tourner son béret sur la tête. La technique mérite discussion. Il a d’ailleurs une histoire sur le sujet. Il est 22h00. Doc en bon orthophoniste coupent court à la discussion en sortant son asperge. Rien de tel pour faire taire les bons hâbleurs. Son histoire comme le sabite qui coule à flot, laissera sur la question la part qui revient aux anges. L’asperge est verte et en nombre dans le plat. Du coup, le béret de Pépé a cessé de tourner. La surprise est ainsi. Une mise au vert comme entrée. Le diet n’est jamais loin de l’équipe médicale. Coté asperges Croucrou est solide. C’est bien bon mais l’appel du chaud fera gratter les assiettes. La légende parle d’une charcut’ en ballade, il parait…

Le doc dans son programme préparatif de fin de saison. Il n'y a pas de période pour assumer un bon programme, propose une semoule à la lyonnaise. Ces origines placent des ballades dans plusieurs hémisphères. La fameuse semoule et sa tajine de poulets au citron. C’est plus fort que lui, la carotte a fait place à l’asperge. Freud tire sur sa pipe, libérant un brouillard d’association libérée. « Phallus-t-il y penser ? ». Rien de plus pour pousser une chansonnette pour remplacer le silence de la déguste pour mettre à l’honneur notre traitement culinaire. Notre doc a du psy en lui. Une ballade en 3 fromages. Et pour la mémoire rien de tel que la madeleine de Proust. L’origine de la madeleine annonce du féminin sacré ou du fait maison pour sûr. Les effets sont immédiats le béret de Pépé se remet à tourner ! Des glaces en soutien. La cryothérapie est l’avenir d’une préparation d’élite.

La table se lève et se prête au bar. La nuit est là. Les castors se rassemblent pour s’enfoncer dans la nuit. Les annonces se font dures. Le temps a cette manie de les rendre douces à raconter. Le comptoir devient contoir. Des anciennes et des nouvelles histoires se rencontrent et se parlent en partage. Les souvenirs sont des bases à tous projet, ils se prêtent pour en écrire d’autres ! Place à nos castors pour transmettre ce qu’ils ont reçu… Nous sommes bien tous détenteurs d’un savoir et d’un jeu partagés. Les archi(ve)ball alimentent une mémoire bien vivantes. Ces petits détails d’un quotidien à venir font que le temps nous amènera à garder notre Coco bien avec nous. Proust a gouté sa madeleine, nous avons pour notre part goûté à un sacré Coco !


« Et tout d'un coup le souvenir m'est apparu. Ce goût c'était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin, à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l'heure de la messe), quand j'allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m'offrait après l'avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul. La vue de la petite madeleine ne m'avait rien rappelé avant que je n'y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d'autres plus récents ; peut-être parce que de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s'était désagrégé ; les formes – et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel, sous son plissage sévère et dévot – s'étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d'expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience. Mais, quand d'un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l'odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l'édifice immense du souvenir. »