28 avril 2022

Le Cuistot de bouffe : Choukran Bardibulle

Par Le Barde et Bardibulle

Jeff n’est pas le bardibulle mais le bardibulle peut-être Jeff. C’est ainsi qu’il (le bardibulle) se substitua à Jeff. En somme, Jeff n’étant pas là, ne pouvant être là, le bardibulle prit sa place et s’activa en cuisine. Le barde l’accompagna un petit peu. En sorte qu’aucune plume n’était disponible pour retracer les aventures du pré. De toute manière, de pré il n’y eut point, faute de ballon. Et nul ne peut se substituer à la gonfle, lors que le bardibulle peut suppléer Jeff.
Donc le bardibulle s’activait. Comme il est familier du Maroc, il nous concocta un dîner marocain. Et ce fut bon. La chambrée était modique mais respectable. Le doc était de retour. C’était bon de le revoir. Il nous manquait. On l’aime notre doc.

2022 étant une année à soupe, nous eûmes donc droit à une soupe marocaine dite du Ramadan. Épices, pois chiches, œufs, etc. Elle mijota longtemps. Ainsi fut-elle d’une douceur exquise. Le must étant ces feuilles de coriandre dispersées sur l’épais breuvage. Cette petite touche avait des relents de Matisse. Avant d’être une affaire de palais, la cuisine est une affaire de parure, de couleurs. Et quel délice, quelle évidence. Le rosé de Jean-Phi accompagnait cette offrande. JB toussotant ne pouvait parfaire ce tableau de famille.

Un tajine (طاجين) suivit, un merveilleux tajine aux citrons confits. Avec ce qu’il faut de safran, curcuma, cumin, oignons et son tapis de semoule. Nous étions comblés. Pépé appréciait. Amélie espérait d’improbables restes pour ses poules. Le Prez goûtait cet esprit d’ouverture vers un pays ami. Peut-être devrions nous davantage nous frotter aux cuisines du monde ? Le castor est un être mêlé.

Le lancer d’assiettes fut homérique, et relevait plus de l’Iliade que de l’Odyssée. Seul le barbe ne parvint pas à attraper l’obole après avoir tenté en vain de la saisir. Il fut à deux doigts d’y parvenir. Vinrent trois fromages dont un munster qui inspira à certains des commentaires que la moralité réprouve. Rien à redire sur le camembert et le gruyère.

Nous achevâmes le repas par un pastis landais moelleux à souhait. Pas de pâtisseries marocaines. Le mélange vous dis-je, tout le secours du monde est dans le mélange. Faut-il être sot pour croire à une identité vierge de croisements !

A la belote, Jacouille, Hamilton, Julien - le petit nouveau de grande taille -, le Prez tirèrent leur épingle du jeu. Pas le barde. Ni Titi. La vie ordinaire en somme. Un thé à la menthe boucla la soirée.

La nuit était infiniment douce. Le printemps file à l’anglaise. La rue n’était guère agitée. Le bardibule rentra dans ses pénates le devoir accompli. Et de méditer ce proverbe marocain : « Une pierre donnée par un ami est une pomme. »

Cuistot de bouffe : Les secrets Marmiton de la Piballe

Par Le Barde et Bardibulle






Le pré est en jachère. Pour ce mardi en vacances C’est notre Pibale qui gère la permanence ! Gloire à Bruno ! La recette nous a été transmise sans droit d’hauteur. La version instrumentale se prête à notre chorale. La base a du nez. Des indices pointent le clafoutis…

- Oranges assaisonnées ; fraises et chantilly
- moui
- soupe de poisson
- pas mal mais déjà fait
- Pieds de veaux
- classique
- clafoutis aux abricots
- boof
- Haaa Le rôti de porc à l’ananas
-Oh Ouiii (rire et applaudissement)

Dans une caraille et un fond d’huile
Faites revenir le beau rôti
Faites dorer la bestiole
Et buvez un verre de gnole...

- Ho Ho, je vais en boire deux.

Quelques poivrons rouges
deux oignons et de l’ail
du manioc coupé très fin

- Et un peu de poivre en grains !
- Nooon !
- Ah? Bon...

Rajouttez votre tomate
Dans un verre de pastis
Deux cuillères de sauce hoisin
Qu'on fait rougir à feu vif...

- Ho Ho, je vais en mettre trois.

Dans le même plat à part
mélanger le piment, le sel
La valeur d'un dé à coudre

- Et un peu de sucre en poudre !
- NON !
- Ah? Bon.

Vous rajoutez le porc et l’ananas
Et le poivron dans la poudre de manioc Le mélange avec de l’eau
Tourner et faites sauter et voilàa que c’est prêt !...

- Ho Ho, je vais en mettre un seul.

Décorez de fruits confits
Dudu aura quelques olives
Zinzin prendra la bête en photo

- Et un autre verre de gnole !
- NON... OUIIIIIIIII !!!
- Aaah... Je savais bien qu'ça serait bon.

(instrumental)

Le mardi sans courir
Nous permet ce pronostic
Ce soir au fond du trou
Que mangeront les castors ?
UN TRES BON ROTI

Cuistot de bouffe : Gloire à Jacouille !

Par Le Barde et Bardibulle


Lorsqu’il n’y a personne, il y a Jacouille. Le trou a horreur du vide ; il sait que Jacouille le comblera, c’est dans sa nature et la nature fait bien les choses. Mesure-t-on notre aubaine d’avoir parmi nous cette seconde fée ? Nous sommes bénis des dieux.

Jacouille a l’âme maritime. Il n’est pas que cochonnaille. Ce serait être bien restrictif que de le cantonner dans le porc. La soupe de poisson qu’il nous servit en entrée témoignait de son ouverture d’esprit. Rien ne manquait de ce qui la constitue. Ni la rouille, ni les petits croûtons, ni le fromage.

Puis, afin de ne pas rompre avec son être-même, Jacouille y alla de son andouillette, sise dans une sauce à damner tous les saints. Des pâtes en torsades l’accompagnaient. Et c’est là que Jacouille est grand. Pour rendre un hommage à Titi, il osa la cancoillotte en lieu et place du râpé. Titi fondit en larmes et dégusta l’heureuse invention avec componction.

Le Prez et son vice, Flo, étaient heureux. Julien, un petit nouveau, aussi. L’andouillette est pleine de charmes ; elle réunit les hommes, les assemble en une communion charnelle. Un trait d’union en quelque sorte. L’acmé de l’altérité.

Les sots ne verront dans l’andouille qui porte l’andouillette que son côté figuré et injurieux. Les amoureux de la langue française pencheront pour son caractère affectueux. D’injure, point. L’étymologie de l’andouillette est formelle. Elle dérive du latin populaire inductile, « ce que l'on introduit » (dans le boyau), de inducere, introduire. Jacouille introduisait dans le trou un peu de la grâce qui manque à la vie ordinaire.

C’est le Prez qui se proposa pour le lancer d’assiettes. Un lancer vif et cinglant. Seul Pioupiou laissa échapper l’obole. Vint un camenbert. Puis le dessert. Des fraises. Avec de la Chantilly. Amélie s’est assagi et répugna à la disperser sur ses semblables, ses frères.

Une belote. Et comme d’ordinaire Jacouille en héros. Et le barde à la traîne. Une suite familière. Rien que de très banal.

La nuit était si douce. Sans prises sur l’air du temps. Repus, nous prenions le chemin de nos antres. Sur son vélo rouge, Hamilton sifflotait une romance sans paroles de Mendelssohn.