11 novembre 2019

50 ans de Bouffes: Marco un Z'amour du trou

Par Le Barde et Bardibulle


Le crachin s’était estompé. Pas la moindre hallebarde ne tombait sur Musard. Nous pûmes jouer dans des conditions propices. Le Prez et Tom étaient de pré. Nous étions une douzaine. La partie fut agréable. Trop de courses latérales peut-être, quelques ballons tombés ; mais la partie fut agréable. Le Bardibule virevoltait, Croucrou sortait de temps à autre de son aile, et le doc cisaillait la ligne adverse avec tranchant.

La ballade se proposa entre les 22 et les 40 adverses. Les espaces plaisent à certains tandis que d’autres espèrent une décale en simple passe. Un débat sans début ni fin sur la taille du trou autrement dit entre l’innée et l’acquis, la jeunesse et l’expérience, le physique et la technique. La psychologie du développement dans ces paradoxes d'appuierait au je du Wallon et ses différents stades. Le haut fait débat bien entendu ! Le développement de l’enfant-joueur selon le psy qui se respecte est une succession alternative de stades centripètes et de stades centrifuges. Imiter dans la limite des passes possibles. La métaphore se fait Fontaine quand le lièvre taquine la dite tortue. L’éternel combat entre la tortue béglaise et le lièvre à la sauce tarlousaine dans son fameux « balle à l’aile, la vie est belle !». Pour résumer, le mouvement se fait soit en ouverture soit en pénétration. Lors des stades centripètes, l’enfant-joueur se centre sur lui-même, sur la construction de sa personnalité, de son identité. Bref dans l’ovale il se la joue perso. Le stade de l’égo se fout de l’haltère. Dudu crie et se lamente sur les non passes, et des sautées, pour lui il y a toujours un juste milieu pour le bon « je ». Lors des stades centrifuges, l’enfant-joueur se centre sur la connaissance du monde extérieur. Le principe de la passe est de penser à un autre. Entre l’abnégation du joueur, et l’apnégation (principe de jouer en apnée ne comptant que sur ses propres réserves) la limite ne se fait que sur un pas. Et sur ce point le physique est impitoyable car au rugby le physique on s’en branle. Freud aspire la fumée de sa pipe et disperse un nuage sur l’éclairci. Nous reprendrons cette observation qui se confirme dans cette maxime pré-lactée, les gros ne savent pas lancer ! Passage succulent entre le plat principal et le fromage. L’équilibre est dans le mouvement et une douche très chaude.

Marc est un prénom qui peut être rattaché à Mars, dieu de la guerre et de la fertilité des cultures. Marc est un dur fertile, surtout sur le pré. Sa rudesse est propice à l’envol des gazelles ; elle est généreuse. C’est un doux dur si l’on veut, un bel oxymore.

Mais Marc est aussi fertile en mets de toutes sortes. Ses mannes sont innombrables et d’essence italienne. Une jolie manière de saluer le Prez qui revenait du Japon. Car le rugby est un sport mêlé of course.

Pour la première fois, nous eûmes des bruschetta en entrée, avec une salade de mâche nappée d’une vinaigrette tendrement servie par Jacouille. Oui, la botte a du bon. Alban arrivé sur le tard apprécia cette première. Comme Amélie qui espérait des restes pour ses six petites poules. Comme il les aime ses poules, ses cocottes. Croucrou s’est mis aux poules aussi. Il y a un lien indéfectible entre les poules et les plâtriers dont la Bible disait qu’ils étaient célestes ; et c’est vrai.

Marc est un z'amour. Sa cuisine se signe avec un Z qui veut dire Z'ai le ventre plein! Il parle plusieurs langues notre cuistot et ce soir c'est l'Italie qu'ils nous offre. Le bon est dans la couche . Les lasagnes à la Marco... je vous prie. Les portions légères comme le cuistot ambitionnaient de faire pleurer tous récipiendaires. Objectif rempli homme notre estomac. Piou Piou divisa sa part en trois et pria la madone pour la multiplication des pains. Les lasagnes chez Marco sont à son image solide et lourd dans l'impact.

Le lancer fut magistral pour l'homme de mêlée qu'il est. Une fois la main faite sur trois envols, elle se libéra pour se prêter à des prouesses moins aériennes mais bien plus bulldozer. Avec un z comme Z'amours. La dualité fait l'homme. 



Il remplit la table et la débarrasse en même temps. Le mouvement est centripète (les verres) si vous suivez le raisonnement. Altruiste à souhait. Gloire au lacté !

Dieu que ces tiramisus étaient bons, touchés par la grâce. C’est un mot aux douces consonances tiramisu. Il vient du vénitien « tiramesù », littéralement « tire-moi vers le haut », « remonte-moi le moral », « redonne-moi des forces ». C’est peu dire que Marc donna raison à cette étymologie. Nous étions aux anges.

La belote vit la victoire d’Hamilton et la défaite du doc. Hamilton à la main heureuse. Le doc un peu moins. Ainsi va la vie.

Marc quitta le trou, heureux et serein. Lui vint un extrait de l’évangile de celui au prénom éponyme : « Car rien n’est caché, sinon pour être manifesté ; rien n’a été gardé secret, sinon pour venir à la clarté. » J’ai fait mon devoir se dit-il, j’ai offert le meilleur de moi-même. Je suis du bon grain, pas de l’ivraie. Pas la moindre goutte de pluie ne tombait. Marc regarda le ciel et se fendit d’un large sourire. L’air était frais et son pas guilleret.

Aucun commentaire: