26 mars 2020

Retour vers le futur des Archiballs... Part 2

Par le Barde et Bardibulle


Alors Guitou pénétra sur le pré. Il y eut un long silence. Serti dans un maillot jaune et noir aux manches à damiers bleus et blancs, il fit quelques tours de terrain pour préparer son corps. Pioupiou n’en pouvait mais. Dudu esquissait une pointe de jalousie ; une pointe ce n’est rien. Guitou fredonnait Mais où sont les herbes d’antan ? Arrivé au terme de son méticuleux échauffement, il choisit ses comparses.


Et moi lui susurra Pioupiou » dont le désir resta lettres mortes. Un Piou Piou sans réponse, c’est comme un Guitou sans gloire. Ca n’existe pas ! Il se retira vexé à la Cantona sans pour autant jeter son maillot. Se déséquiper dans le temps qui courre n’est plus une mince affaire. Il n’avait pas lésiné sur les moyens pour porter haut et fort son sens des responsabilités. Il ne rigole pas avecla santé de ses castors. Escassut quand tu nous tiens. La sécurité face à l’invisible malheureusement préconise l’isolement (à ne pas confondre avec isolation) Le scaphandre de Thomas Pesquet lui allait pourtant si bien. Un piou Piou de l’espace. L’avantage en scaphandre c’est qu’il n’y pas de son. Dommage que le stade ne soit pas en apesanteur. « La lune est ma confidente et pour mon cas m’isole ». Pas anodin que la non réponse de Guitou en bon sein protecteur n’est trouvé l’émetteur. La combinaison est hermétique à tout air et se branle des vibrations. Sein protecteur, repliez pour nous pauvre prêcheur.

Les vestiaires du coup accueillent sa solitude. Et c’est reparti pour un énième déséquipement sans savoir. A veiller à mettre le sale avec le sale et préservant le propre avec le propre. Une véritable infirmière en crampons. Gloire à elles et penser à nos docs. La sur blouse et blouse, le masque en canard qui nous rappelle que nous avons la queue plate, les lunettes de protection. Déformation professionnelle quand tu nous tiens. Il regarde autour de lui, le mur mure la solitude. Putain dans ma tête et dans le pré qu’il est bon de courir. Son téléphone vibre. Il frotte ses mains du gel de protection. Regarde l’écran. Enfin quelque chose de tactile. Il effleure avec douceur, un message s’ouvre « Chouette du Gwen en quarantaine! ».

De son côté le doc n’était pas à son aise. A chaque ballon attrapé il mettait en place un protocole contact à défaut de protocole commission. Il court avec un flacon de gel hydro-alcoolique lui aussi. A chaque passe envoyé, un joueur en moins. Le temps de nettoyer ses mains vraiment redoutable contre la transmission. 30 secondes de frottage, lustrage, séchage et le voilà dispo pour attraper la balle. Dudu a du talent, sa solution est dans le port des gants. « Le plastique c’est fantastique, le caoutchouc hyper doux », il fredonne à chaque feinte, rien de pireque la guerre morale. Sa passe n’en est pas moins aussi dévastatrice. Son sens de la prise du trou le préserve de toute touche, donc côté protocole le castor reste tranquille.

Gwen pour une fois a appelé pour dire qu’il ne viendrait qu’à la bouffe. Il travaille les plans d’attaque sur écran. Son physique l’assujettit au minimum d’une visuo-circonférence. Faire le tour de la
bête aurait mérité une rocade. Tant de travaux en perspective. La patience est l’antichambre du solide. Il travaille sur vidéo pour préparer les troupes à mieux prendre les trous de la gloire. L’image le préserve du contact. Si Lacan m’était conté. Gloire à l’équipe technique.

Pas de douche, ras le cul des gouttelettes.

Le Prez était de bouffe, le sourire aux lèvres et le tablier paraphé d’une superbe antilope. La Jacouille achevait une belote monotone avec le vieux quatre qui n’avait pas la tête aux cartes. « Jacouille as-tu
du coeur » murmura-t-il désabusé. Le vieux quatre rêvait d’autres cartes , des cartes océanes, et sans doute devait-il de telles pensées à la compagnie de l’amiral qui affectait une indifférence polie au triomphe de Jacouille.

Le Prez avait disposé sur la table des poireaux parsemés de trèfles à quatre feuilles. Une vinaigrette onctueuse se prélassait sur cet assemblage qui laissa Pépé circonspect. « Ai-je une tête à brouter ? » confia-t-il à JB, « le poireau passe encore, mais le trèfle ! » Le Prez n’en avait cure. « Il manque quelques radis » s’enhardit Amélie. Et c’est vrai qu’ils n’auraient pas été de trop. N’importe, il y avait dans cet hommage la marque d’un homme de goût. Le Tcho s’inquiétait pour la suite. À tort. Car la suite présidentielle dissipa ses craintes.

Le Prez est une invitation au voyage. Le trèfle équipé en feuilles fait bonne providence. Dans tout régime au vert un Saint Patrick veille. La soirée se doit pour le cuistot faire espérance. A défaut du Cap. Le Prez garde le sien. Les projets sont en sommeil. Pour le soir, le réconfort des castors mérite son ragoût. Rien de tel qu’un plat qui mijote pour réchauffer les cœurs. L’Amiral apprécie le clin d’œil et ne prend à la belote qu’avec du trèfle, c’est son cœur. L’Irish stew en anglais ou stobhach Gaelach en irlandais à base de viande d’agneau, servie avec des pommes de terre, des oignons et des carottes. Il s’agit d’une potée, historiquement à base de viande de mouton. La viande est accompagnée d'une sauce à base de Guinness. Grosses pensées à nos amis de l’ovalie qui se joue dans l’international. La prochaine Guiness fera bien de belles moustaches blanches. Foie de castor.

Une palette de fromages se proposait à nos lèvres et nos palais. Crottin de Chavignol, Brie de Maux, vieux gouda et, cerise sur le gâteau, comme pour mieux faire patienter nos envies de dessert, un
Salers à damner tous les saints, si nombreux à la table. Le trou est une cène qui outrepasse le nombre des Évangiles.

Le dessert sera détourné. Un Irish coffee. Le bar est en carence de verre. Le mélange est délicat. La chaleur du whisky, un café torréfié à la Peter électrique et délicat, et une crème à l’irlandaise. La paille à usage unique en chocolat. Le Prez est un artiste.

Comme de bien entendu, une belote se dressa. Autour du tapis vert, usé, élimé, six dés, six joueurs. Christophe était certain de triompher enfin ; il pressentait une main heureuse. Il y a loin des
rêves à la réalité et ses espoirs partirent en fumée. Jacouille exultait, le vieux quatre ronchonnait et le Prez fit contre mauvaise fortune bon cœur en sortant au milieu du gué.

Le printemps est à nos portes. A peine avions-nous mis le nez dehors que la douceur de la nuit nous enivrait. Une nuit baudelairienne propice à l’ivresse chère à Baudelaire et à Gwen. Coco et Pépé partirent bras dessus, bras dessous. La vie est un songe.

18 mars 2020

Archiball....La fièvre du mardi soir !!!

Par Le Barde

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Pas de terrain ce mardi. Pas de trou. Mais rien ne vous empêche d’imaginer un mardi réel. Imaginer la réalité, c’est un comble ; c’est aussi une jolie manière de faire un pied de nez à l’actualité et d’être vivant. Après tout, la vie est un roman.

Vous êtes confinés chers castors.
L’occasion est belle d’accorder aux mots l’attention que la vie ordinaire n’autorise guère. Épouser les confins de la lecture pour franchir le seuil qui nous est imposé, c’est dépasser les frontières et voguer vers l’imaginaire. Rien de tel pour emmerder les virus sanitaires que de s’adonner à celui de la lecture; il est inoffensif.

Donc, nous sommes sur le pré. C’est un soir de mars. Pas de giboulées. Le vent est très léger. Nous taquinons la gonfle. Et l’histoire immanquablement se répète. Jean-Phi lacère l’herbe synthétique de ses courses zigzaguantes. Le bardibule est toujours aussi redoutable dans ses interceptions. Joël mime la trompette au moindre éclat de Dudu qui, placide, offre des caviars avec son maillot qui est, à chaque fois, une pièce de collection. Dudu, c’est un musée à deux pattes. Seb feinte la passe au mépris de nos mains baladeuses. Encore que certaines parviennent à le caresser, l’effleurer provoquant un râle rageur chez notre Tarbais préféré. Notre pinson, tout de rouge vêtu a le cœur à Quinsac et pousse de petits trilles énamourés au grand dam de Pioupiou, si seul sur son aile.

Le pré est une page. Oui, cent fois sur le pré remettez votre ouvrage. Sur le bord du terrain, comme une note de bas de page, JB commente.


Au trou, c’est Peter qui s’y colle. Peter, il aime la morue comme chacun le sait. Alors, il nous offre son foie. Et rien d’autre, à l’exception de petits quartiers de citron qui, pressés, rendront le passage du foie moins revêche. Il y a beaucoup d’altérité dans cet acte. 
Il faut remettre le foie de morue au goût du jour. Il est en effet extrêmement riche en vitamine D, sachant que le lien est établi entre déficience en vitamine D et troubles de l’humeur. Il veut que nous ayons l’humeur joyeuse Jeff. Et la morue y pourvoie. 

Jacouille renâcle un peu. Pépé fait contre mauvaise fortune bon cœur. Lolo n’est pas fâché de recouvrer un peu d’enfance. Pas un foie ne reste. Et Peter de passer à la suite.

Après le maritime, le terrien. Pour filer la métaphore d’une indispensable foi afin de faire face aux mots de ce bas-monde, Peter poursuit dans la voie qu’il s’est tracée et nous concocte un foie de veau persillé. Avec sa purée bien sûr. Une vraie purée. C’est un peu la fable du veau et de la morue. Une façon de ne pas aller à vau l’eau, de maintenir le cap. Le vieux quatre en redemande. Il lui suffit d’un peu de patates pour être aux anges. Guitou se redresse, la larme à l’œil, et chante Il était une bergère. Pourquoi Il était une bergère ? Nul ne le sait. Il faut se laisser aller au mystère, savoir rester dans l’enfance, dans les boules de gommes.

Hamilton est inquiet. Déjà repu mais inquiet. Le temps des assiettes s’annonce. Et avec Peter, il craint qu’il ne se transforme en orage. Il a tort Hamilton. Car Peter lancera l’ustensile avec beaucoup de délicatesse. Pas d’apocalypse, non, bien au contraire, mais un moment de grâce. 

Pour fromage, une boule rouge. Rien qu’une boule rouge. Une sobriété toute de générosité. Car enfin, c’est le fromage le plus propice à un mariage réussi avec le vin rouge. Peter se tourna vers Jean-Phi, sollicita son approbation. Il eut droit à quelques larmes en retour. Pépé grondait un peu, un tout petit peu.

Mardi gras n’était pas très loin. Et comme l’éternité se tient dans l’essentiel, nous eûmes droit à des crêpes en dessert. La boucle était parfaitement bouclée. Chacun d’agrémenter sa crêpe, qui avec du sucre, qui va avec une confiture de framboise. Peter avait donné le meilleur de lui-même.

Une belote de comptoir acheva la soirée. Le Prez était en mains et ne laissa que des miettes à ses petits. Amélie pestait contre le ridicule de ses cartes. Dudu laissait passer le temps. Seul Jacouille offrit un peu de résistance au premier des nôtres.

Le ciel était sans nuages comme nous sortions du trou. Nous pûmes regarder les étoiles. La constellation des castors brillait un peu plus que de coutume. Le visage de Grozan apparut : « Je veille sur vous mes petits. » nous dit-il.

Joël de bouffe: bœuf carottes avant la trompette

Par Le Barde et Bardibulle


Nous étions une bonne douzaine à se prêter aux aléas du pré. Quelle liberté, celui d’avoir le choix. Piou est aux abois et dans la pénombre vient accompagné. Le jeu mérite d’être en nombre. Un dilemme comme un autre. La cohésion isole. Notre demi Piou-Piou recrute et parie sur l’avenir. C’est un sage qui pour le soir joue à l’aile. « Il faut croire à son projet ! » Le pré était en jambes lui aussi. Eclairé comme de saison. 

La régression est toujours de mise quand on foule la pelouse. L’entrée dans l’arène tient de son rite que chacun aménage à sa convenance. Les souliers se transforment en moulés. Les chaussettes remontent jusqu’aux mollets et arborent les couleurs des clubs d’antan et d’appartenance. C’est à ce moment que Zinedine boit une gorgée de volvic. Une nostalgie bienveillante et Le mélange crée le vivant. Les shorts avec des poches pour ranger quelques cartons en souvenir. Le blanc pour une lessive sans réfléchir. Le maillot hésite toujours à se couvrir. Les multicouches sont de rigueur à défaut de printemps. L’hiver n’est pas froid mais pousse à l’isolement. Heureux d’être dans la ligne et de taquiner la beuchigue. Un moment comme un autre qui se veut dans l’exception. Le biologique du parasite se fout de nos histoires et plane sur l’inconnu. Le virus en cause n’est pas celui du rugby. La vague à l’âme est désormais dans l’air. Du coup le toucher s’en ressent et laisse les intervalles à certains. Le principe de plaisir si proche de celui de la réalité. Les allers retours d’un camp à l’autre n’est qu’une métaphore du bien vivant. Le mouvement est son noyau. Les gardiens de vie prônent maintenant un jeu fermé et l’isolement. 

Jeff sur le coup était en bourre et mérite le titre du joueur du soir. Dudu en connaisseur ne râle jamais devant les exploits qui ne se perdent pas dans des retours intérieurs sans raison. Le mouvement était de mise. Le plaisir d’être ensemble aussi. Le jeu est un sacré gardien. A défaut de courir, pensons au jeu à deux mains ! 

La douche pour le trou.

L’entrée se fit en salade. Une mise en bouche mélangeant la betterave aux verdures printanières. Coco veillant à ce que nul ne manque, naviguait du bar à table, des retardataires en herbes au ponctuels en chœur, à chaque génération de castors un plaisir délicat celui de se resservir. Le geste est là. Au-delà des attaches gustatives, le primordial est dans cette nourriture affective. Le plaisir du trou, il n’y a que ça de vrai. 

Un bœuf carottes, quoi de plus délicat qu’un bœuf carottes, lorsque la chair est douce, tendre, et les légumes racines suaves, fondantes. Non, la chair n’est pas triste et nous n’avons pas lu tous les livres. Ah ! Joël ! Notre marin à la tradition heureuse et la main juste. 

Pourquoi Dudu et le prof entamèrent-old une discussion passionnée sur l’Europe ? Le bœuf carottes en était-il la cause ? Mais pour quelles raisons ? Mystère ! Ils allaient leurs propos vifs et irréconciliables. Pépé s’en branlait. Face à JB, il poursuivait ses légendes. Il y a de l’Homère dans Pépé et du Pépé dans Homère. 

Coco accompagnait Joël, servait, desservait, nous entourant de mille et une attentions dont il a le secret. L’Amiral conversait sur Magellan sur lequel il prononcera bientôt une conférence. Poulet nous initiait aux charmes de la musique baroque.

Le lancer d’assiettes fut précis et sans histoires, n’était pour Peter. Pour le reste, RAS ; Joël est adroit. Ses trajectoires, en bon marin, dessinent de parfaites géométries. Un brie coulant à souhait s’étalait sur son plat. Palanquès appréciait. 

Alors, il se mit à la trompette et entama le doigt. Nous nous levâmes comme un seul homme. Joël soufflait, et de ses doigts sûrs filait notre hymne. Il respectait ainsi ses us. Nos petites habitudes ont du bon. 

La belote de comptoir vit le succès de Jeff et du barde. Une fois n’est pas coutume. Christophe tenta une super baraque qui n’avait rien de super et fit plouf. La main de Dudu était laborieuse et celle de note tendre pinson inégale.

Il crachinait. Guitou enfournait son cycle jaune pour rejoindre son cher cour. Pas d’étoiles au ciel pour faire leur doux froufrou. Et Joël de susurrer ses vers du cher Arthur : 


« Très naïfs, et fumant des roses, les pioupious
Caressent les bébés pour enjôler les bonnes… »

La vie est Rimb

08 mars 2020

«A vos harengs, fixe ! » pour les douze seuls au bar de Jacouille

Par Le Barde et Bardibulle


Le pré était au trou et, faute d’herbe, l’on se contenta d’un tapis. En sorte qu’une belote de comptoir se substitua à la gambade. La pluie n’y était pour rien. Non, Musard se refusait à la toute petite poignée qui entendait se passait la baballe. 

Jacouille remplaçait Ithurbide. Les mauvaises langues diront qu’il jouait les bouche-trou ; les bonnes qu’il n’était, une fois de plus qu’altérité. L’évangile du trou a son saint. Et pourtant Luc était là. 

Ce fut une soirée maritime. Les giboulées n’y sont pas étrangères. Notre sainte Jacouille est un sensible, il succombe à l’air du temps. Pas le temps qui passe, non, le temps qu’il fait. Alors, il le traduit à sa manière. Et ses manières furent maritimes. C’est une philosophie de la vie, et la meilleure.

Donc, il y eut du hareng. Le hareng signe son homme. Tenir son rang avec du hareng, est un aveu d’être. Derrière les plats de Jacouille, c’est toute une idée de la vie qui s’énonce. Une vie mêlée puisque avec son rang d’oignons, de cornichons et de pommes de terre, le hareng de Jacouille démontrait que l’un est dans l’autre et qu’il ne doit son salut qu’à cette condition. La minuscule dizaine se régala. Chacun de lui faire un sort.

Chez Jacouille, le hareng précède toujours la morue. Il joue, en quelque sorte, le rôle de préliminaire. 

A ce sujet le pré fut sans luminaire. Dudu l’éclairage il s’en branle, déformation professionnelle qui le prédispose aux ondes invisibles. La lumière noire révèle des mondes inconnus. La lune derrière son nuage est toujours reine. Malgré ce dada dans l’inconnu du non visible, Dudu est toujours visible à l’appel du mardi. Carrosse rouge comme phare à défaut des lanternes. Le doc est toujours à l’heure pour ouvrir le bal du pré. A table c’est la même chose. Le hareng le cloue sur place. Il choisit ses partenaires pour la feinte de passe à droite et la resserve dans l’intervalle. L’effet olive sans arêtes. Le rayon-X est sa star, con se le dise. L’homme harangue la foule de ses lectures en profondeur. L’art mérite son homme. Et le hareng n’est pas le seul à pleurer son oignon. La morue aurait mérité pour sa part une chanson du vieux 4. La patate fait débrandade en ce moment comme les castors qui craignent l’hiver. 

Le lancer se fera sans perte et précédera de coutume le camembert. Peter est sur le coup et cajole à sa manière notre trou. La pression est de retour. L’embout envoie du gaz. Castors à vos cartes. Peter et Popeye visionnent Cocktail en boucle avec Tom Cruise par suite des bons conseils de notre Sergio de Lourdes. La relève est prometteuse. Il y a aussi des olives avec les bonbons !

Le dessert sera une attaque sur les flans. 

Une belote de comptoir abondante se dressa. Le nombre de participants à la belote est inversement proportionnel au nombre de convives : quand il y a peu, il y a beaucoup. Et le peu est d’or. Un théorème, le théorème de Jacouille. Hamilton, bien sûr, fut égal à lui-même ; c’est la marque des probes. Et le bardibule itou. Christophe connut des hauts et des bas. Il fut plus souvent en bas qu’en haut. En résumé, il était à la peine. Alors que Dudu, petit à petit, faisait son trou. Et Jacouille rayonnait lors que Pioupiou piaillait ses mains ingrates. 

La pluie s’était interrompue. La rue était déserte. Jacouille regagnait Sadirac, Alain sa sainte-Cécile. De Géorgie, le Prez nous adressait un salut tendre et affectueux. Dudu pensait à sa Chalosse et à son amour des oies. En oracle qu’il est.

02 mars 2020

Miguel Mange : L’omelette sous l’escalier

Par Le Barde et Bardibulle


Le pré réserve ses couleurs de la nuit. L’éclairage de Musard offre à la fin de l’hiver un vert printanier bien espéré. La couleur est bien vive une fois les portes franchies. La barrière a trouvé plus fort et ne peut faire son office de filtres. Les castors hésitent à sortir leur masque de chirurgien de la balle. La psychose est virale et inversement. Les courageux opteront uniquement pour le port du short, chaussettes réglementaires et maillots. Le bonnet uniquement pour couvrir les fronts éclairés. Le printemps est à nos portes. Dudu et Alain ouvrirent le bal des arrivées. Hamilton a retrouvé ses jambes d’antan. Le barde nous attendra au trou à défaut de gambettes réparées. Jean phi se proposa avec sa relève. Le saby nouveau est prometteur. La rapidité du père viendra avec le temps, la fougue elle, est déjà transmise. L’adresse se moque de la célérité et du stade oedipien. L’office se joue en complicité et en rivalité. Une banalité dans la gonfle. Freud a découvert en effet de nombreux stades sans pour autant aboutir à celui de l’ovale. Du formidable au For-Dable, il n’y que le mouvement qui donne à tous ces principes le plaisir. Une réalité en jeu de passe qui ne peut se faire sans la présence de l’autre. Le choix appartient au porteur. La répétition profite de l’identique du pareil en simple appareil pour ne pas dire en short. Comme le fameux retour intérieur de notre Jeff qui ouvre à ses heures. Un déjà vu dont on ne se lasse pas. La surprise fait extase. L’Oedipe est un mythe comme les autres. Le Tarbais est bien présent et ses feintes à la rescousse confirme sans son laïus. Peu de blabla en mélodie du soir. Montagnes Pyrénées ! Le doc garde en secret les exploits de son équipe et suit le même régime dans la réussite. 

La douche fera transition pour nous mettre l’eau à la douche. Ce soir c’est miguel qui casse les œufs. 

Miguel était là, affûté, quelques grains de sel dans les cheveux en plus. Le Tcho aussi était là, égal à lui-même ; c’est pour ça qu’on l’aime. Guitou avait fait faux bond à ses beaux quartiers pour s’encanailler un peu du côté des Capus. 


Les gens du pré arrivèrent peu à peu, l’un après l’autre. La pluie n’avaient pas dissipé leurs ardeurs. Une dizaine. Pépé lança les hostilités. Et Miguel de servir une entrée des plus classiques. Un long boudin noir s’étalait sur le plat, serti de petits piments rouges ou verts. Quelques tranches de pâté tirant entre le beige et le marron accompagnaient le tout. 

Vint le temps de l’omelette. Il est loin le temps d’antan, de la première fois, de cette Bérézina originelle qui colle à la peau de Miguel. L’omelette est un art qu’il maîtrise désormais. 

Miguel s’est assagi. Le Poulpe était fébrile lorsque vint le temps des assiettes. Bien à tort. Il n’y eut pas la moindre casse. Miguel avait la main sereine, précise, juste. Le fromage pouvait aller ses tranches. Était-ce un tome de Savoie ? Découpé en fines lamelles, sec, au goût légèrement aigre, il contenta nos papilles. Le Reindent était évident.

Une forêt noire et une tarte aux pommes comme touche finale. Titi goûta des deux. Amélie se contenta de la forêt. Le doc appréciait. C’est un gourmand. La conversation allait son train. L’UBB et les Bleus. Tous de revenir sur ce beau week-end ovale. 

La belote de comptoir ne fut qu’une formalité pour Jeff, Jacouille et Hamilton. Moins pour Yan que Guitou dompta. 

La nuit s’étirait. Sur le trottoir mouillé, Hervé pensait à ses poules dont il n’était plus séparé que de quelques minutes. « Demain, je bats la campagne murmurait-il. Un rossignol ne fait pas le printemps. N’est pas pinson qui veut. »