23 mars 2019

50 ans de Bouffes : Tartiflette explosive pour La bande à Bonneau

Par Le Barde et Bardibulle




La pelouse en synthé, tique et les castors toquent en masse à Musard. Le pré du coup se renverse pour l’occasion. Le jeu se fera sur grand terrain. A la bonne heure. Nous eûmes pour la fin de l’hiver du printemps de jeu. Les équipes qui se font au gré des arrivées se sont bien goupillées pour préserver de part et d’autre de belles envolées. Même si le score pencha pour l’équipe de Dudu avec un Fayou brillant à l’aile. Peyo ne pouvait rien faire, je pense que son maillot rouge n’est pas fait pour être devant notre petit taureau. L’animal remue la queue à chaque portée de balle, c’est un signe. Peyo pleura du coup dans son coin, il ne pouvait rien contre la bête. Nos pyrénéens même en paire ont fait vivre la beuchigue dans une forme d’aisance qui simplifie le compliqué en naturel. Leurs jeux se complètent en feinte. Marco en assiste proposait son lourd léger. Mais rien ne peut rivaliser contre le bon doigté. Dudu avait choisi le bon camp et brilla à son habitude pour quelques prises d’intervalle dont seul il a le secret. Perdigue était venu avec sa relève. L’Œdipe et le type se rejoignent en mythe. Et ce soir, le fils ne perdra pas la vue. Le père digne dans l’affront d’une percute se retrouvera privé d’une cuisse. Le castor au sol, il s’en branle il en a deux. Thibaut successeur du Lolo, fut le premier sur le lieu de la tentative du crime. Le coupable pria en laïus pour dire que la défense était en retard. Le comble pour le castor. L’Œdipe pour lui est une affaire de découpe, si la première frappe ne suffit pas à faire tomber la paire, le relevé du mollet fera l’affaire. Une crampe ou une fracture, le mythe est gardien et Perdigue au sol est touché. Phallique-t-il le panser ? S’interrogea l’impie fada ! Doc n’est pas au Samu, il couvre le deuxième rideau de la scène. Pour lui l’affaire ne méritait pas le divan synthétique. Il connait le père et surtout de loin il continue à bouger. Le doc jette sur l’éponge sur l’eau propre. Le diagnostic : de la chance la béquille à 5 cm près aurait fait castration. Freud éteint sa pipe fraichement allumé par la chute « Dommage, seul ce toucher mérite bonne analyse, la libido d’une cuisse se soigne en pommade et non en mots… » soupira-t-il. Nous comptons l’en-avant ou la béquille reste un toucher en soi. Perdigue sur le moment mit ses actions en bourse. Le fils ne prendra pas ce soir, la place du père. Le sacré père pour sacrifice, sacré nom d’un castor. Il respire à défaut d’hypnose. Ses valeurs ont pris un coup. Une fois redressé, la démarche écartée le castor se remit en ligne. Le sphinx terre en péril, il reprit gonfle sans gloire.

Le score accorda une avance au vainqueur. Une cuisse à zéro ! Allez savoir pourquoi…

La douche. La route. Le trou… dans la descente cela sent le reblochon… Ce soir c’est Luc qui régale!

Pour faire bonne mesure, il faut réussir son entrée. A peine arrivé au trou, portant le sac à baguettes, Pépé commit cette sentence, confiant dans l’impétrant du jour, ou plutôt de la nuit, mais la nuit et le jour, c’est tout un, qui n’était autre que Luc.

La table était soigneusement mise, Jacouille oblige. Le temps étant au beau en cette veille printanière, l’on attendait une belle chambrée. Toutes choses confirmées puisque nous étions une trentaine. Le trou est bien garni en cette année de cinquantenaire.

Un pain de poisson avec sa sauce. : l’entrée en matière attestait du sens de la mesure de Luc. Quelques-uns y allaient de leur Sabit rouge ; d’autres penchaient pour son versant rosé. Une affaire de goût. Reste que le pain était savoureux et qu’il n’en resta guère.

La Savoie porte sa croix comme le trou aime la tartiflette. Le tout est dans l’accompagne. Point de consistant sans verdure. Côté tartiflette, Luc envoie du bois. Il est vrai que la matière est au rendez-vous. Point de culpabilité à profiter d’une telle offrande de mère nature. Nous avons de la salade ne l’oublions pas. La montagne a ses secrets que le reblochon ignore. Tiens ! celui qui perd son crouton dans son reblochon a un gage ! Luc a vu juste. Rien de tel qu’un hommage à nos montagnes d’hiver pour rentrer en fleur dans le printemps. Le castor bichonne pour ne pas dire reblochonne toutes ses queues plates printanières. Il mérite une chansonnette. Car le castor n’est pas un ongulé, con se le dise ! 

Le lancer fut vif mais juste. Une seule soucoupe arasa tout ce qui se trouvait sur son passage. Aucune autre main ne faillit. Pas même celle de Fayou.

Sur trois assiettes, de ronds coulommiers. Il n’y avait plus qu’à trancher et saisir pour satisfaire nos gosiers. Amélie se dit que le coulommiers serait particulièrement indiqué pour ses poules. En sorte qu’il leur réserva une large tranche que le lendemain il émietterait, et, pareil à la semeuse des anciennes pièces de un franc, il les disperserait ça et là d’un geste auguste. Il y a toujours du César dans un éleveur de poules.

Le dessert consistait en un assortiment de tartes délicatement découpées. La tarte est un classique. Qu’elle soit pomme, poire ou tatin. Mais une tarte n’est rien sans sa pâte ; c’est elle qui lui donne du style. Les tartes de Luc ont du style.

Encore une fois, Hamilton eut la main heureuse à la belote, ne laissant que quelques miettes à ses acolytes de comptoir. Jacouille fit un peu de résistance ; et ce fut tout. Sergio eut des éclairs ; Perdigue errait dans le vague de ses mains étiques, chantonnant d’incompréhensibles chansons.

Demain c’est le printemps murmura JB en sortant et de siffloter le premier mouvement du quatuor éponyme de Mozart. Guitou pédalait vers le cours Clemenceau en regardant, de temps à autre, les étoiles et le tarbais comparais la lune à un haricot.

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