22 septembre 2016

Le cuistot de bouffe, un sabite bien dans ses moules

Par Le Barde, Bardibule et Bardatruc



Un premier entrainement mes amis.
Eh oui, point d'enthousiasme débordant pour ce premier entrainement. En effet, les archis arrivèrent au compte-gouttes en trainant légèrement des pieds. Semaine de match oblige, l'entrainement était promis aux ateliers techniques et répétitions inlassables de lancement de jeux. Bon, finalement l'entrainement fut libre mais la prochaine fois c'est sûr, on bossera les combinaisons...
Beaucoup de ballons disponibles mais peu de pompes pour les gonfler, tel était le principal enjeu de ce début de premier entrainement. Pour rajouter à cette atmosphère légèrement dilettante, une odeur de grillé bizarre embaumait le stade et titillait nos narines, enfin pour ceux qui ont encore de l'odorat. Pouvait-on sentir de si loin les moules que Jean-Phi préparait...déjà !
Après quelques tours de piste, les artistes se divisèrent en deux équipes équilibrées de 8 joueurs. Tous les styles de passeurs étaient représentés puisque Serge était là et Gwen aussi.
Des deux côtés, pas d'envolée lyrique, pas de génie non plus mais une certaine intelligence pour une des équipes permettant à Titi d'attaquer la ligne souvent avec finesse, parfois en déménageur. Dans cette même équipe, notre directeur sportif, Coach Ben, avait peine à cacher qu'il avait regardé en boucle, la série documentaire d'arte : "Le cadrage-débordement sous l'Empire austro-hongrois". Ses déambulations browniennes pour le moins surprenantes, n'étaient pas s'en rappeler la fin de la chorégraphie du "Père Abraham".
De l'autre côté, Peyo en basque pyromane, mit le feu à sa ligne. L'homme est aussi affuté pour aller au bout que pour vêtir un castor. Et cette tâche est nécessaire voire salutaire au vu des nombreux porteurs de chemises bleues, façon contrôleurs RATP, qui osent critiquer les chemises avant-gardistes de Titi ! Maxime, quant à lui, semblait tout droit venu des deux-chèvres pour écarter ce fougueux Landais de Jeff, un peu optimiste sur ses charges défensives. Max évita avec tact l'humiliation du jamais 203.
Premier entrainement oblige, les jambes se firent rapidement lourdes alors que certaines langues elles, semblaient déjà inépuisables. Heureusement que Zeille, l’œil rigoureux et l'intransigeance paternelle d'un juge d'application des peines pour adolescentes vicieuses, contenait avec autorité le culot Cahuzacien de certains.

C'était bel et bien la reprise. Pas d'orage, pas d'éclairs mais un ciel calme et paisible de septembre. L'automne n'est plus qu'une question d'heures et nous entendions saluer l'été.

Une petite vingtaine de castors foulaient le pré synthétique de Musard. Un mélange de caciques et de jeunes pousses. Le temps était doux. Bien sûr quelques ballons tombèrent mais on était loin du fastidieux des reprises ordinaires. Et pour tout dire, la partie eut de la tenue.

Ainsi, l'on pût admirer l'altruisme de Gwen qui fit provision de passes pour la saison, allant jusqu'à négocier deux croisées sur une même temps de jeu sous l'œil admiratif, et un peu hagard, du Tarbais. Un Tarbais plus castor que jamais qu'une opération à l'épaule éloignera des terrains six longs mois pour notre désespoir.

On parla peu. Serge était égal à lui-même et Croucrou bien en cannes. La Piballe pestait contre le poids des ans et reprenait sa comptabilité si particulière et parfaitement hostile à la réalité des choses. Jeff filait ses courses longilignes, comme Benoît. Régis était alerte, vif, incisif.

Oui, un toucher comme on les aime. Et ce n'est pas notre pinson, Titi, qui dira le contraire avec ses deux essais à la clé. L'âge n'est rien. On est ce que l'on est pour l'éternité. Ce que ne démentira pas Pioupiou qui a je ne sais quoi désormais des dandys de la fin d'un siècle où la vie était indolente.

21h30 sonnait, le temps de prendre une douche et rejoindre le Saby t'au chaud
S'il n'y avait pas de Jeanphi, c'est par é qu'il était de trou. Il manquait pour la première fois le pré de rentrée. Il n'était pas venu les mains vides. De beaux magnums honoraient la table.




C'est par des "moules charbonneuses" (Walid) qu'il ouvrit les débats. Des moules à la plancha en l'occurrence. Pas une miette n'en resta. La moule connut un succès légitime. Sa chair était ferme et notre Jeanphi avait mis ce qu'il faut de petits plus pour lui permettre de révéler tous ses charmes. Amélie se régalait. Et Pépé se confondait en louanges. Le Tcho s'essaya à la grande langue pour dire ses extases : "Diantre, que ces mollusques sont savoureux. Un vers de Racine y perdrait ses petits." La Jacouille opinait du béret.

Alors le hachis vint.

Certains espérèrent du sanglier. Les gros ont vraiment de la suite dans les suidés. L’animal est poilu et certains sont solitaires, d’autres malheureux réussissent à merveilles en pâté ou en civet. Le sanglier est de tradition chez Saby, même si cette année l’animal eut raison de celle-ci. Point de sacrifice animal ou de solidarité entre poilus anthropophages. Le castor est un carnassier qui s’ignore. Le régime est sec. Jean Phi aime ses castors mais cette année il prend la marée. Il réchauffe ses moules pour qu’elles soient chaudes en bouche. L’homme est délicat. Il est loin le temps où le Bernachatte en grand pharaon siégeait auprès de son Obélix pour tâter de la cuisse. Bernachatte a de l’animal en lui à en croire son sobriquet. A défaut de sanglier, de laie nous eûmes des moules. Les castors face au changement trouvent du bonheur. Les coquilles vides remplacent les pleines. Mais toujours point de sanglier. « Frère Sabite, frère Sabite, n’as-tu point de sanglier à l’horizon ? » s’exclama le castor traiteur. « Devant sa moule, le castor fait silence… » répondit le Tcho. Freud entre deux gorgées du nouveau Sabite s’exprima sur la symbolique du sanglier, je vous prie. Il s’interroge à ses heures perdues sur le coquelicot en fleur qui recouvre le Sabite en bouteille. L’animal est noble mais ne pointe ses défenses en étiquette. Le symbole est pourtant bien dans le masculin. Le féminin du sanglier c’est la laie retour en Sabite y a pas à dire ! La moule nous y ramène d’une certaine manière mais en vin. Freud se lèche la moustache et caresse sa barbe… Le sanglier représente la force et le courage mais aussi la connaissance. Il (l’animal) a un rapport avec l’au-delà. Il y a du sacré dans l’animal. Notre Barde, chansonnier à ses heures se perdit en variété et poussa un léger « Erymanthe, à l’eau. ». La symbolique de la moule en revanche se limite à la moule !

Nous humâmes donc à la place un parmentier. Une couche de pomme de terre gratinée pour dissimuler l’absence du porcine forestier. La viande est hachée et les pommes en purée.

L’homme en cuisine vérifiait le bien-être de ses paires. La moule ne peut suffire, l’amitié est un condiment d’excellence ! Le Sanglier ne sera pas à table mais dans le lancer d’assiette. Les castors connaissent le cuistot et son art est dans la presse. Le lancer d’assiette se fera avec le port de casque même si le bris du soir sera limité. Les lancers sont francs et directs avis aux réceptionneurs car la passe quand elle part, elle part. L’ambiance est chaude, les castors armés de leur rondelle chantent.

Le fromage fut ! Ainsi soit-il… Les vendanges sont prochaines, le viticulteur après ses moules dévoila ses grappes. La pulpe est savoureuse et le raisin est bon. L’homme est un messie pour le vin et un mais non pour le sanglier. « Chacun sa grappe » marmonna Pépé en fixant son béret. Il se prépare apparemment une petite cuvée de pépé 2016 exceptionnelle.

Et la belote de comptoir se dressa. Il y avait foule autour du tapis vert. Gwen et Walid se disputèrent la dernière place. Walid l'emporta. Gwen était tristounet mais lucide sur ses impérities. Il ne nous restait plus qu'à regagner la douce nuit de septembre. Demain, c'est l'automne. 

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