19 novembre 2010

Les Castors face au Colosse des Amériques

Par le Barde et les photos de Lolo, Loulou, Arnaud et JBS


Cinquième jour : La montée

« Le poids, c’est l’ennemi du montagnard. » Pascal (R.)
L’heure de la marche en montagne approche. Notre montée doit nous conduire face à l’Aconcagua, le plus haut sommet du continent américain (6962 mètres). Nous allons crapahuter jusqu’à 3412 mètres Pour nous retrouver face à l’Aconcagua. Nous sommes aux confins du Chili. L’Aconcagua est une destination appréciée des grimpeurs. Le castor est un grimpeur ; les plus hautes cimes sont son domaine. Les Archis vont ouvrir une nouvelle voie : la voie des castors. L’Aconcagua aura désormais quatre voies si les castors en viennent à bout.

Nous approchons. Les Andes s’offrent à nos regards avides. Toto frémit : il a le petit matin vif. Ce n’est pas le cas de petit Bonnet ni de Lolo, ni des autres. Walid frémit aussi dans son petit polaire jaune ; il est mignon le petit polaire jaune de Walid. Dans son petit polaire jaune, Walid il ressemble à un canari.
La traversée est belle. La douce voix de Pépé berce nos impatiences montagnardes. Et les condors passent. Femelles et mâles : le mâle a un collier, la femelle pas. Il y a, cependant, une ambiguïté sexuelle chez le condor. De cela, Guitou n’a cure et il entame le chant du condor d’une voix ambiguë.
Le castor est bavard. Même face à la beauté du monde. On entend la douce voix de Roquépine que chahute celle de Lolo.


La marche approche. Harnachés, les castors partent à la queue-leu-leu. Les premiers pas sont une formalité. Bruno Garabos file un train d’enfer. Les premiers lacets se profilent. Peu à peu la meute des castors se dispersent. Loup et Lolo s’épanouissent comme des grappes de jonquilles. Guitou est surprenant de facilité. Il est au sommet de son art Guitou. De mauvaises langues disent qu’il en a pris. Gwen, lui : il dément la phrase à la con de Pascal R. et Garabos aussi.
C’est de plus en plus dur. Désir de rêve ne nous fait plus rêver du tout. On tousse, on crache, on en chie. Le soleil est de plomb. Le grand Tom, il a trouvé la solution quand ses jambes se font trop lourdes, il regarde un peu plus bas et voit Gwen qui souffre et ça lui donne des ailes au grand Tom. Même si Gwen, il ira jusqu’au bout.


Jean-Bernard survole les débats. Comme toujours. Les condors veillent sur nos ébats, surtout les femelles : elles ont un faible pour Guitou. Nous arrivons enfin au sommet. Du moins les rescapés. On admire l’Aconcagua. Puis, c’est la descente. Cambo descend comme un cabri. Croucrou n’est pas mal non plus. Les plâtriers sont très en forme. D’ailleurs, c’est Garabos qui obtient le condor d’or. Avec Pascal R. qui aura su s’occuper avec attention de ceux qui étaient un peu en perdition. Nous finissons par un petit pont à la Indiana Jones sur lequel Croucrou danse comme Gene Kelly.


Épuisés par l’effort invraisemblable qu’ils viennent d’accomplir, le visage buriné par le soleil des Andes, les castors ont la queue basse. Surtout la Piballe. C’est un aquatique la Piballe, il a les alpages en horreur. Dans le bus, un silence résigné règne. Même Bonnet ferme sa gueule. Puis, petit à petit, la vie reprend ses droits et le castor son souffle. On retrouve le soleil de Mendoza. Direction l’Hôtel qui, pris de compassion et de remords pour ses errements initiaux, nous offre une tournée d’un bien agréable champagne local.

Nous achevons la soirée chez Enzo, un ancien puma qui tient un restaurant chaleureux et sans chichis. Bien sûr, on mange de la viande, beaucoup de viande. Et on chante. Et on trinque. Du Malbec, beaucoup de Malbec. A ce jeu-là, le castor excelle. Coco, tel un dompteur infatigable, mène sa troupe d’une main de chairman sous l’œil bienveillant du Sublime : je veux parler de Lui, de Loulou.
La nuit sera brève avant le retour à Buenos Aires, la ville de Borgès dont Loulou nous lit quelques vers en regardant Arnaud d’un œil paternel : « A toi le monde et ses libres chemins. C’est ta pampa, c’est l’aube des poulains. »


Sixième jour : retour à Buenos Aires

A Buenos, elles sont buenas dit Gwen en train de siroter un coca dans le restaurant de l’hôtel. Si elles sont buenas, ils ne sont pas buenos. Notre blogueur se fait, en effet, chiper son sac où se nichaient photos et vidéos des premiers jours. La journée est libre sauf pour ceux qui se sont engagés dans une soirée tango. Les plâtriers aiment le tango, ils sont tous de la partie. Les autres castors se dispersent. La nuit leur appartient.

2 commentaires:

Le Toulousain a dit…

Dis donc Monsieur de le Barde, je veux bien que l'enthousiasme de tes narrations te fasse l'effet du manque d'oxygène, mais de là à dire que le Champagne de l'hôtel était délicieux, faut pas pousser mémé dans les orties. Juste exquis pour un détartrage et encore j'insiste sur le rictus en prononçant exquis...
P.S. De même, pour mon mutisme au retour dans le bus, saches que parfois je peux rester silencieux face à la beauté du monde mais que, le cas échéant, je souffrais d'une légère aphonie... Soit factuel sinon tu y perds en crédibilité.

Le Blogueur a dit…

Ça a l'air sympa comme ça ! Mais on oublie que Guitou nous a fait le Quand vient la fin de l'été arrivés au sommet.