03 octobre 2013

Le cuistot de la semaine et la cuisine à une main

Par Le Barde


Qui dira les moiteurs d’octobre ? Sur le petit terrain d’Eysines, l’air avait des relents tropicaux. Nous étions en nage. Non pas que la chaleur fût accablante, mais l’air était moite. Toutes choses qui ne nous dispensèrent pas de trotter comme des cabris. Avec un Joël, délesté de ses kilos superflus, particulièrement affûté. Il planta des essais comme qui rigole. Seul Arnaud parvenait à rivaliser. Walid aussi déposa souvent la béchigue en son paradis. Une affaire de présidents en somme. Nous, nous fîmes au mieux. Avec un JB toujours aussi fringant. Mais la palme revient à Kiki. Il franchit souvent la ligne adverse. Et poussa l’altruisme jusqu’à stopper sa course pour attendre le partenaire qui n’aurait plus qu’à filer à dame. Il y eut bien quelques chamailleries. On mettra cela sur le compte de la moiteur. Et ce fut un bonheur de retrouver Yannick dont la ceinture abdominale prolifère. Il est vrai qu'il accorde toute sa dilection aux vertus callipyges de l'ostéopathie. Le derrière, pas le devant.

Au trou Rocchietti était de service. La raison me pousse à chercher le fil conducteur entre le pâté servi en entrée, la brandade de morue et les éclairs au chocolat. C'est le lourd. Domi fit dans le lourd. Mais avec talent. Oui, nos bourriques ont du talent ; elles savent mettre du goût dans les prolongements culinaires de leur identité.

Le pâté, je devrais dire les pâtés, l'un de campagne, l'autre de foie, étaient excellents. Et les petits cornichons itou. Quant à la brandade, un régal, d'autant qu'elle était allégée par une salade verte bienvenue. Comme tout un chacun le sait, la brandade de morue fut créée à Alès, par Sieur Augier. C'est donc chez les parpaillots qu'on la servit pour la première fois. (Saviez-vous que parpaillot vient de l'occitan parpalhol qui veut dire papillon, et que les protestants furent affublés de ce sobriquet à cause des vêtements blancs des calvinistes ?)Pourtant, elle, la brandade (du provençal brandado : chose remuée)  a fait le bonheur (ou le malheur) de bien des déjeuners catholiques du vendredi. Une manière de célébrer l'édit de Nantes ? (L’édit de Nantes est un édit de tolérance signé le 13 avril 1598 par le roi de France Henri IV et révoqué sous le règne de Louis XIV par l'édit de Fontainebleau le 18 octobre 1685. Il reconnaît la liberté de culte aux protestants).

Mais revenons à nos moutons. Hamilton prit deux portions de brandade. (Les moutons adorent la brandade, et c'est d'ailleurs à cela qu'on les reconnaît). Moi, je n'en pouvais plus. Il est étonnant Alain, on se demande où il fout tout ce qu'il ingurgite. Idem pour JB.
Le lancer d'assiettes fut parfait. Domi excelle dans le lancer à une main.

En guise de fromage, du brebis et du brie. Et, bien sûr, en conclusion des éclairs au chocolat. Un éclair (anciennement « pain à la duchesse » (avant 1850)ou « petite duchesse ») est une pâtisserie d'origine française fourrée de crème au chocolat ou au café ; on en trouve aussi à la pistache et parfois à la vanille. Le dessus est glacé au fondant ou au caramel; dans ce dernier cas, on appelle ce gâteau un « bâton de Jacob ». Pour ton prochain repas, Domi, ose le bâton de Jacob, il n'y a rien de tel pour damner le pion aux petites duchesses ! Ce n'est pas Kiki qui me démentira.

Le cœur léger, mais le ventre lourd, nous rentrâmes dans nos pénates.

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